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Wiko accusé d'envoyer des données en Chine sans l'accord de ses utilisateurs

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Par  Lucie Ronfaut

La marque française de mobile est épinglée par un utilisateur de Twitter. Il dénonce l'existence de plusieurs applications permettant de transmettre des données à l'insu de ses clients.

Wiko transmet-il des informations sensibles à l'insu de ses utilisateurs? Sur Twitter, un dénommé «Elliot Alderson», un surnom en hommage à la série télévisée Mr Robot, a dénoncé dimanche les pratiques de la marque française de smartphones. D'après lui, les mobiles de l'entreprise sont équipés d'applications préinstallées avant leur commercialisation, dont le but est de transmettre des informations sur ses clients à Tinno. Cette société chinoise est partenaire de longue date de Wiko: elle fabrique les smartphones, qui sont ensuite vendus par l'entreprise française. Ces données portent notamment sur le numéro de série ainsi que le code IMEI, qui permet d'identifier tous les mobiles dans le monde. Le but de ce service est, en théorie, de vérifier l'utilisation et la durée de vie d'un produit.

«Elliot Alderson» précise que ces informations sont transmises tous les mois à Tinno. Elles ne seraient pas chiffrées, c'est-à-dire pas protégées. N'importe quelle personne interceptant ces messages peut donc, a priori, les lire. Les utilisateurs n'ont pas la possibilité de désinstaller ces applications ou de les paramétrer pour arrêter cette transmission d'informations.

Établir des statistiques

Contacté par le Figaro, Wiko relativise l'affaire. «Les smartphones Wiko sont équipés de l'application STS (Sales Tracking System) dont la finalité est d'établir des statistiques de ventes et de durée de vie des produits. Les données collectées par le système STS sont des données d'ordre technique, notamment le numéro IMEI, le numéro de série, le nom du modèle du téléphone, la version du système d'exploitation Android», précise l'entreprise. «L'activation se fait au premier allumage, et chaque mois, exclusivement via une connexion Internet, et jamais par SMS. Aucune donnée relative à l'utilisateur, à l'utilisation du smartphone ou des applications n'est collectée.» Wiko assure, par exemple, que la localisation ou le numéro de téléphone de ses utilisateurs n'ont jamais été transmis via l'application STS, contrairement à ce qu'affirme «Elliot Alderson» sur Twitter.

10 millions de mobiles vendus en 2016

Wiko précise enfin qu'une nouvelle version de cette application STS devrait être progressivement installée dans ses mobiles dès le mois prochain. Elle ne sera exploitée qu'une seule fois, lors de l'activation du téléphone, plutôt que tous les mois. Les données seront par ailleurs stockées en Europe, et non en Chine. Wiko ne détaille pas pour le moment comment ses anciens smartphones seront mis à jour pour recevoir cette nouvelle application, en remplacement de celle de Tinno. Ce changement doit s'opérer dans le cadre du RGPD, le règlement européen pour la protection des données, qui doit entrer en vigueur l'année prochaine.

Lancée en 2011, Wiko est devenu un acteur majeur des téléphones bas et moyen de gamme en France. Installée à Marseille, l'entreprise est a vendu plus de 10 millions de mobiles en 2016, dans une quarantaine de pays.

Wiko n'est pas la seule entreprise dénoncée par «Elliot Alderson». La semaine dernière, il s'est est pris aux smartphones de la marque chinoise OnePlus. Cette dernière a installé sur certains de ses téléphones une application qui permettait d'accéder, en partie, à leur système d'exploitation, à l'insu des clients. OnePlus a annoncé quelques jours plus tard que ce problème allait être corrigé.

 

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2017/11/20/32001-20171120ARTFIG00222-wiko-accuse-d-envoyer-des-donnees-en-chine-sans-l-accord-de-ses-utilisateurs.php

 

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BANGKOK 13 août 2020 01:03
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