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La nounou thaïlandaise de l'ex-Miss Belgique raconte: "J'étais aussi leur esclave sexuelle"

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media_xll_10216633.jpg Daisy van Cauwenbergh, à gauche, et la nounou Tin Tiew, à droite lors de la fête donnée par le couple à l'occasion de la naissance de leur fils, en 2005. L'ex-Miss Belgique Véronique de Kock faisait partie des invités de la réception (au centre sur la photo). © foto ic.

La Thaïlandaise qui a officié il y a dix ans chez l'ex-Miss Belgique Daisy Van Cauwenbergh (49 ans aujourd'hui) et son compagnon Huub Fijen l'affirme: le couple ne s'est pas seulement rendu coupable de traite d'être humains, mais également d'esclavage sexuel. "J'ai vécu l'enfer durant deux ans", confie-t-elle au magazine flamand Dag Allemaal.

media_l_10216625.jpg © PHOTONEWS.

Dix-huit mois de prison ferme pour Daisy van Cauwenbergh et deux ans pour son compagnon Huub Fijen, voilà la peine qu'avait requise le ministère public dans le cadre du procès pour trafic d'être humains dans lequel l'ancienne reine de beauté belge était citée. Le mois dernier, le tribunal correctionnel a déclaré dans son jugement que les faits étaient prescrits, laissant les deux accusés s'en sortir sans l'ombre d'une condamnation. Seul recours possible, celui de l'auditorat du travail, apte à interjeter appel. Mais l'accusatrice du couple, qui se fait aujourd'hui appeler Tin Tiew pour vivre et travailler dans l'anonymat en Allemagne, est profondément déçue par la justice belge.

"1.800 euros par mois, en théorie"
En 2004, les deux prévenus avaient fait venir en Belgique un couple de Thaïlandais en leur proposant un emploi chez eux mais ces derniers auraient finalement travaillé pour eux gratuitement durant deux ans, ce qui mènera ultérieurement à une enquête et leur inculpation. Dans Dag Allemaal, leur victime présumée raconte comment les événements, rapidement devenus graves, se sont enchaînés. "Début 2005, nous avons répondu à une offre d'emploi publiée sur internet par Huub, qui signalait être à la recherche d'un couple marié disposé à résider en Belgique à long terme. A l'époque, Daisy était prête à accoucher de son second fils. Nous avons accepté leur offre parce que nous étions en pleine détresse financière. Huub et Daisy nous proposaient 900 euros par mois et par personne. Une belle somme qui aurait pu servir en Thaïlande, où je comptais envoyer l'argent. Enfin ça, c'était l'idée de départ".

"J'ai perdu 40 kilos en un an chez eux"
"Mais après quatre mois de travail en Belgique, pas un seul euro ne nous avait encore été versé. Soi-disant parce que notre permis de travail n'était pas encore en règle. Huub promettait de nous dédommager plus tard. Avec intérêts. Une fois que nous nous sommes retrouvés dans les ennuis jusqu'au cou plusieurs mois plus tard, Huub a tout de même consenti à verser 400 euros par mois à ma mère afin qu'elle puisse continuer à rembourser ma maison. Il nous glissait de temps à autre une petite enveloppe, entre 100 et 200 euros au total par mois. En théorie, j'étais nounou des enfants, mon mari était chauffeur. Mais l'étendue de nos tâches ne cessait de s'agrandir. Je devais par exemple rester constamment en cuisine. Mon mari devait lui aussi faire de tout: entretenir le jardin, retaper la maison, aller rechercher Huub, ivre, n'importe où et à toute heure de la nuit. De fil en aiguille, ils ont commencé à attendre de nous que nous soyons à leur disposition nuit et jour. Nous avions à peine le temps de manger et je n'avais quasiment plus l'occasion de dormir. J'avais fini mon travail vers 22 heures, et j'étais debout à 5 heures du matin pour m'occuper des garçons. En atterrissant en Belgique, je pesais 95 kilos. Après un an de stress causé par Daisy et Huub, j'avais perdu 40 kilos".

Viols
"Huub était plus aimable que Daisy... enfin, c'était pour une raison précise. Il n'arrêtait pas de m'embêter. Et cela ne se limitait pas à des attouchements. J'étais régulièrement obligée d'aller dans leur sauna avec lui. Et dès que Daisy se retirait dans sa chambre pour être seule, il venait chez moi pour... (elle se tait). Bref, j'étais son esclave sexuelle. Si Daisy était au courant? Comment aurait-elle pu ne jamais entendre qu'il était dans ma chambre et les bruits de ce qu'il y faisait alors qu'elle passait juste devant? Je me le demande. Mais à l'époque, je n'ai jamais osé aller à la police. Peut-être ont-ils retiré les faits de viols du dossier parce que j'ai déposé plainte trop tard à ce sujet..."

"Il gardait nos passeports"
"Quant à quitter leur domicile, nous ne le pouvions pas non plus. Mon mari et moi étions venus en Belgique avec un visa de trois mois. Et Huub nous avait imposé à notre arrivée de lui remettre nos passeports, qu'il avait confisqués. Nous étions donc prisonniers".

"Cela fait dix ans maintenant, mais je peux encore résumer cela en quelques mots: c'était l'enfer. La période la plus abominable de toute ma vie. Et malheureusement, je reste maintenant sur le sentiment que justice n'a pas été rendue. Cela fait presque autant de mal que les souvenirs des faits", regrette-t-elle. L'avocat du couple se refuse à commenter l'interview de Tin Tiew.

 

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/3342769/2018/01/09/La-nounou-de-l-ex-Miss-Belgique-raconte-J-etais-aussi-leur-esclave-sexuelle.dhtml

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BANGKOK 01 décembre 2021 04:27
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