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BANGKOK 18 October 2019 03:14
Le Modérateur

"Routes de la Soie" : pourquoi la défiance monte en Asie

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Jean-Raphaël Chaponnière
 
Accepter des crédits chinois pour financer des infrastructures, puis tout perdre à cause de la dette générée ? De la Birmanie au Pakistan en passant par la Malaisie, plusieurs pays se méfient de plus en plus des « Nouvelles Routes de la Soie ». De là à prendre un autre chemin ?

Le précédent sri-lankais d’Hambantota

Traditionnellement, le Sri Lanka a toujours entretenu d’excellentes relations avec la Chine. Elles se sont intensifiées à la fin de la décennie 2000 lorsque l’Europe a condamné le traitement des Tamouls par le gouvernement de Rajapakse. L’influence chinoise s’est renforcée et Eximbank a financé la construction d’un port à Hambantota, ville natale du président sri-lankais. Inauguré à l’occasion de son soixantième anniversaire, ce port a été sauvé de la faillite par de nouveaux prêts chinois plus onéreux. L’argent de la Chine a également financé la construction d’un aéroport international, d’un stade de cricket et d’une autoroute.
En dépit du soutien prodigué par Pékin, Rajapakse a perdu les élections face à Maithripala Sirisena. Ce dernier a hérité d’une situation financière dégradée : la dette publique en devises a augmenté de 30 milliards de dollars dont un cinquième provient de la Chine. Le port et l’aéroport d’Hambantota se sont révélés autant d’éléphants blancs incapables de faire face aux échéances de remboursement. Aussi le gouvernement sri-lankais s’est-il résigné à céder le port et 6000 hectares de terrain pour la construction d’une zone industrielle à une société mixte détenue à 80 % par China Merchant pendant 99 ans. Si la rentabilité de ce port concurrencé par celui de Colombo est incertaine, son intérêt stratégique pour la Chine est indiscutable car il lui permet de contrôler les voies maritimes vers l’Inde.
Faire crédit à ses voisins pour financer des infrastructures que ses entreprises construisent permet à Pékin de se faire des amis en obtenant des revenus supérieurs à ceux tirés de ses placements en Bons du Trésor. Cependant, en imposant au Sri Lanka de signer un bail emphytéotique – qui rappelle celui imposé par le Royaume-Uni à la Chine pour les Nouveaux Territoires hongkongais après les guerres de l’opium – la Chine n’a pas mesuré l’impact de cette décision. Les autres pays de la région ont découvert la face cachée des crédits chinois ! Le précédent d’Hambatota explique ainsi les réticences qui s’expriment en Birmanie, en Malaisie et au Pakistan.

Le projet Kyaukpyu revu à la baisse en Birmanie

Les sanctions occidentales avaient précipité le régime birman dans les bras de la Chine, son principal soutien jusqu’en 2011. La suspension par le gouvernement de Naypyidaw de la construction du barrage de Myitsone a accéléré la levée des sanctions de l’Occident, sans nuire aux échanges avec la Chine. Au contraire, ils sont intensifiés après la mise en service d’un gazoduc et d’un pipeline de 770 kilomètres entre Kyaukpyu sur l’Océan Indien et la province chinoise du Yunnan.
 
 
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