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BANGKOK 16 September 2019 07:33
Le Modérateur

Redécouvrons l'héritage de l'architecte italien qui a transformé Bangkok

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Au "bureau de l’audit interne de l’armée", il y a plus que de simples services gouvernementaux. Il y a, sur ce même complexe, une maison où Silpa Bhisahri,  père de l’art moderne en Thaïlande, a vécu.

Sculpteur italien né Conrado Feroci en 1892, est venu au Siam à l’âge de 31 ans comme artiste de la cour et a plus tard fondé l’université Silpakorn, première institution consacrée à l’art moderne dans le royaume.

L’ancienne résidence style Renaissance a été restaurée il y a deux ans, l’extérieur étant repeint couleur moutarde.  D’autres travaux ont été faits cette année et la maison reçoit maintenant quotidiennement des visiteurs.

Il y a même une succursale d’une rôtisserie qui offre ses cafés et friandises dans d’autres bâtiments historiques.

Mais la véritable attraction est de voir de près des sculptures de Silpa, ainsi que des photos de lui et de sa famille prises sur place.

 

L’Ajarn Farang, comme l’appelaient ses étudiants, est présent en statue à l’étage, où l’on peut voir aussi des prototypes de ses statues de Rama VI et d’un autre maître d’art de cette époque, le prince Narisara.

D’autres photos montrent Silpa avec ses chefs-d’œuvre, dont la statue du roi Taksin qui se trouve à Thonburi et celle du Bouddha marchant  de Puttamonthon.

Derrière des vitrines se trouvent des livres sur sa vie et son œuvre. Ailleurs, deux salles prêtes à recevoir des expositions temporaires. 

Le responsable de l’aménagement de la maison cite des documents faisant état  du rendez-vous de Silpa comme sculpteur au département des beaux-arts en 1924. Il a signé un contrat de trois ans au salaire de 800 bahts par mois – une somme substantielle pour l’époque.

Le département a loué une maison pour lui où il a vécu pendant huit ans avant de déménager dans sa résidence permanente de Silom.

Silpa mentionne lui même l’adresse dans une lettre – 395 Rachawithi – mais il n’y a que deux ans que l’on a pu identifier cet emplacement. Des étudiants de Silpakorn ont repéré la maison et assuré qu’il s’agit bien de cet édifice en examinant des photos et interrogé des gens qui ont travaillé avec Silpa.

 

 

L’armée occupe le complexe du site de la résidence de Phraya Burutratana (Nop Kraikrek) qui fut un page de la cour de Rama V. Le Roi avait donné une certaine somme à la famille Kraikrek pour construire une maison au bout de la rue Rachawithi, à une distance convenable du palais royal. 

Kraikrek avait une maison principale et trois autres pavillons construits dans le style renaissance victorienne, et c’est le plus petit que le département des beaux-arts loua pour Silpa. Le département a reconnu la valeur historique du site en 1978, l’année où l’armée y aménagea.

Le bureau et l’université Silpakorn ont assuré la rénovation de l’ancienne résidence de Silpa pour recevoir le public – mais on a dû la fermer au bout d’un an, faute de visiteurs. La personne qui fut chargée de relever l’intérêt pour ce musée a signé un contrat de trois ans avec l’armée.

« L’université Silpakorn est mon alma mater, dit un diplômé de la faculté d’éducation. Je n’ai pas eu la chance d’être l’élève de Silpa mais il inspire tous les étudiants encore aujourd’hui de sorte qu’il est encore un peu notre professeur. On ne voudrait pas que sa résidence soit occultée. Il faut en faire un musée et un centre pour les amateurs d’art. » 

Les travaux ont duré quatre mois et maintenant la maison est rouverte au public.

 

 

Né dans une famille de marchands de Florence Conrado Feroci a montré des aptitudes pour les arts dès son jeune âge. Il est diplômé de l’Académie royale de Florence où il a enseigné de 1914 à 1923.

Sa vie a changé quand le roi Rama V demanda au gouvernement italien de lui indiquer quelqu’un pour enseigner la sculpture occidentale au département des beaux-arts du Siam.

Silpa a fondé la première école en 1933 qui devint l’université Silpakorn en 1943, avec lui comme doyen.

Lorsque l’Italie fut vaincue par les alliés de la seconde guerre mondiale, Feroci changea son nom en Silpa Bhishari et prit la nationalité thaïe pour éviter d’être arrêté par les Japonais qui occupaient alors la Thaïlande.

Il resta en Thaïlande jusqu’à sa mort en 1962 après avoir donné aux Thaïs les monuments de la Démocratie et de la Victoire à Bangkok, le monument de Naresuan à Suphanburi et le monument à l’héroïne Thao à Nakhon Rachassima (Korat). 

 

 

On planifie déjà une série d’expositions temporaires et des ateliers d’art. Il n’y a pas de frais d‘admission.

 

La maison de Silpa Bhirasri (Baan Ajarn Farang) se trouve dans l’enceinte du "bureau d’audit interne de l’armée", à côté du pont Krungton, à l'intersection Sang Hi sur Ratchawithee à Bangkok.

 

https://www.thaivisa.com/forum/topic/1056376-a-rediscovered-gem/

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