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BANGKOK 19 January 2019 00:52
Le Modérateur

Le Thaïlandais qui a séduit l’Angleterre

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Le décès du président de Leicester City Vichai Srivaddhanaprabha suite à un accident d’hélicoptère a provoqué une vague d’émotion à la hauteur d’une popularité qui le distinguait de la plupart des «nouveaux» propriétaires de club

Vichai Srivaddhanaprabha aurait eu les moyens de toutes les extravagances, mais le président thaïlandais de Leicester City ne s’en autorisait en public qu’une seule: il venait soutenir son équipe à domicile en hélicoptère. Le fondateur du groupe King Power, spécialisé dans les boutiques de duty free, se faisait déposer au milieu de la pelouse, d’où il repartait également à la fin du match. Cette habitude lui a coûté la vie samedi, après un match nul 1-1 de ses «Foxes» contre West Ham, lorsque son appareil s’est écrasé sur un parking réservé aux employés du club, causant la mort de ses cinq occupants.
L’émotion a rapidement gagné le monde du football dans son ensemble, avec des messages de condoléances de nombreuses personnalités et institutions. Les hommages les plus chaleureux ont été rendus par les stars de l’équipe. «Je peine à trouver les bons mots… Mais pour moi, vous êtes une légende, un homme incroyable, [celui] qui avait le plus grand cœur, l’âme de Leicester City», a écrit sur Instagram l’attaquant international Jamie Vardy, appuyé par un message de son coéquipier Harry Maguire saluant un «grand homme», «bon et aimant», qui «manquera tant à tout le monde».
Bières offertes
Beaucoup de Thaïlandais aiment le foot anglais. Ce Thaïlandais s’est fait aimer du foot anglais. Depuis quelques années, de plus en plus de clubs de football sont rachetés par des hommes d’affaires étrangers, mais au-delà des millions injectés et des résultats obtenus, beaucoup échouent à gagner le cœur des supporters comme Vichai Srivaddhanaprabha. Il y est parvenu en offrant des bières aux spectateurs à l’occasion de son anniversaire en avril, en gelant le prix des abonnements au stade depuis des années, en s’engageant dans des œuvres caritatives locales et, surtout, en écrivant le plus beau chapitre de l’histoire du club, lorsque Leicester City a remporté le championnat de Premier League en 2016.
 
En devançant les deux équipes de Manchester, Arsenal et Liverpool, le petit club des Midlands a donné l’impression de rejouer David contre Goliath. C’était faire peu de cas de l’envergure financière de son propriétaire, cinquième fortune de Thaïlande en 2018 avec ses 5,1 milliards de dollars selon Forbes. Mais l’homme était aussi impliqué que discret, aussi populaire que, finalement, peu connu du grand public.
 

Bien avant de se voir attribuer le nom prestigieux de Srivaddhanaprabha par le roi de Thaïlande en 2013, Vichai Raksriaksorn a commencé à construire son empire en ouvrant un magasin duty free au centre de Bangkok en 1989. Il est entré dans la cour des grands en 2006, lorsque King Power a décroché la concession pour les boutiques d’articles hors taxe du nouvel aéroport de la ville, Suvarnabhumi. Cela a permis à ce bouddhiste fervent d’investir dans le polo (il a été propriétaire de deux clubs, à Bangkok et à Londres) et le football, via le rachat de Leicester City alors en deuxième division anglaise en 2010 puis celui de Louvain (Belgique) en 2017.

L’héritage

Avec son décès se pose la question de sa succession. Tant sur le plan des affaires que du sport, Vichai Srivaddhanaprabha a posé les bases d’une dynastie familiale. Ses quatre enfants, deux filles et deux garçons tous trentenaires, font partie du comité exécutif de King Power, tandis que le plus jeune d’entre eux, Aiyawatt, surnommé «Top», occupe déjà à 32 ans la fonction de vice-président de Leicester City. Mais certains observateurs estiment que le réseau patiemment constitué par le père risque de faire défaut à ses héritiers, notamment lorsqu’il s’agira de renégocier, tout prochainement, l’accord de monopole sur les duty free des deux grands aéroports de Bangkok.

En attendant, Vichai Srivaddhanaprabha laisse en héritage une success-story inspirante dans le milieu si concurrentiel du football anglais. Deux hommes d’affaires thaïlandais sont en train d’essayer de la reproduire. Dejphon Chansiri a pris le contrôle de Sheffield Wednesday en Championship (deuxième division) en 2015. Sumrith «Tiger» Thanakarnjanasuth est devenu propriétaire d’Oxford United en League One (troisième division) en février dernier.

https://www.letemps.ch/sport/thailandais-seduit-langleterre

La famille du président de Leicester se recueille

FootballLa veuve de Vichai Srivaddhanaprabha et son fils Aiyawatt, vice-président du club, ont déposé une gerbe de fleurs devant le King Power Stadium.

 

La famille du président du club de football anglais de Leicester City, décédé samedi dans le crash de son hélicoptère, lui a rendu hommage lundi près du site de l'accident, tandis que les messages de condoléances continuaient d'affluer.

La veuve de Vichai Srivaddhanaprabha et son fils Aiyawatt, vice-président du club, ont déposé une gerbe de fleurs devant le King Power Stadium, où se sont accumulés depuis dimanche bouquets, écharpes et maillots de football pour saluer la mémoire du milliardaire thaïlandais et des quatre autres personnes qui se trouvaient à bord de l'appareil.

Le prince William, président honoraire de la Fédération anglaise de football, a salué dans un communiqué la «grande contribution au football» apportée par Vichai Srivaddhanaprabha, un homme ayant des «valeurs fortes» qu'il avait «la chance de connaître depuis plusieurs années».

La Première ministre Theresa May a elle aussi exprimé ses condoléances. «Mes pensées vont aux familles, amis et supporters affectés par le crash tragique qui s'est produit samedi soir», a-t-elle écrit sur Twitter.

Premier accident de ce modèle

Comme à son habitude, Vichai Srivaddhanaprabha avait quitté le stade à bord de son hélicoptère qui avait décollé du terrain, à l'issue du match de l'équipe de Leicester face à West Ham samedi. L'engin s'est écrasé peu après, sur un parking à proximité immédiate du stade.

Les agents du bureau d'enquête britannique sur les accidents aériens, l'Air Accident Investigation Branch (AAIB), ont annoncé lundi commencer à étudier les enregistrements des conversations et des données du vol.

Le groupe aéronautique italien Leonardo, fabriquant du l'hélicoptère AW169 utilisé, s'est dit «prêt à accompagner l'AAIB» dans son enquête «pour déterminer les causes de l'accident». La société a précisé qu'il s'agissait du «tout premier» accident impliquant ce modèle.

Cinquième fortune de Thaïlande

Vichai Srivaddhanaprabha avait racheté en 2010 le club de Leicester City, qui évoluait alors en deuxième division. Il était parvenu à en faire le plus improbable champion de Premier League de tous les temps six ans plus tard.

Âgé de 60 ans, c'était le cinquième homme le plus riche de Thaïlande, selon le classement de Forbes, avec une fortune estimée à près de cinq milliards de dollars, grâce à son groupe de «duty free» King Power, en situation de monopole dans les aéroports du pays.

La police a identifié les quatre autres victimes comme étant Nursara Suknamai et Kaveporn Punpare, deux membres de l'entourage de Vichai Srivaddhanaprabha, le pilote Eric Swaffer et sa compagne Izabela Roza Lechowicz, qui était aussi sa co-pilote. (AFP/nxp)

 

https://www.tdg.ch/sports/actu/famille-president-leicester-recueille/story/12477982

 

Srivaddhanaprabha, quand l'impossible devient possible

Arrivé à Leicester au début des années 2010, Vichai Srivaddhanaprabha aura retapé Leicester avant de porter le club jusqu'au premier titre de champion d'Angleterre de son histoire en 2016. Le propriétaire thaïlandais du club anglais est décédé ce week-end dans le crash de son hélicoptère.

Une image et une seule : celle d’un homme qui approche de la soixantaine, lunettes rondes et tête carrée, polo blanc sur le dos, les bras posés sur les hauteurs d’un bus à impériale. C’est un après-midi de printemps, en 2016, les rues de Leicester dégueulent de corps drapés de bleu et de blanc. Là-haut, Vichai Srivaddhanaprabha a la banane, mais ne parle pas, il savoure. Les projecteurs ? Le bonhomme ne court pas après, même au moment de célébrer le titre le plus fou de l’histoire du championnat d’Angleterre, celui décroché par une bande de types qui ne vivaient que pour retourner des montagnes. Au départ, ce n’était pourtant pas le projet. Enfin, pas maintenant, pas comme ça : au mois de juillet précédent, Srivaddhanaprabha, devenu propriétaire des Foxes deux ans plus tôt, avait demandé à Claudio Ranieri d’aider son club à « rester en vie » après plusieurs semaines turbulentes, durant lesquelles un scandale sexuel impliquant le fils de l’ancien coach, Nigel Pearson, avait éclaté en Thaïlande et où Jamie Vardy avait insulté des touristes japonais dans un casino. Et alors ? Alors, l’histoire : grâce à Ranieri, à Vardy, à Mahrez, à Kanté, à tous les autres, mais surtout à Vichai Srivaddhanaprabha, Leicester a un jour enfilé une couronne dans son stade, le King Power Stadium. La même enceinte d’où le patron thaïlandais avait pris l’habitude de décoller en hélicoptère du rond central, après chaque match à domicile. Samedi soir, quelques heures après un Leicester-West Ham sans histoire (1-1), le même hélicoptère s’est crashé sur un parking du stade, tuant sur le coup cinq de ses occupants, dont le grand Vichai, 60 ans, et vraisemblablement sa fille.
Puel « épouvantablement triste »
La prophétie et le cambouis
Ce soir-là, Vichai Srivaddhanaprabha est venu à Leicester pour faire ce qu’il préfère faire au monde, après jouer au polo : voir son club transpirer, galérer, s’en sortir un peu miraculeusement en fin de match malgré des Hammers réduits à dix depuis la trente-huitième minute. Huit ans plus tôt, les Foxes étaient loin de tout ça, embourbés en Championship et vendus par Milan Mandarić, qui avait tenu le jour de la vente des propos prophétiques aux supporters : « Faites-moi confiance. Cette cession est une formidable opportunité pour trois raisons : l’investissement, le réseau mondial de Srivaddhanaprabha et une stabilité assurée pour notre avenir. » La suite était difficilement prévisible, mais aura pris la tronche d’un conte de fées qui n’est plus à déplier. Ce titre de champion aura été le pic visible de l’apport de Srivaddhanaprabha dans l’histoire de Leicester. Derrière le rideau, le chef – largement aidé dans ses affaires par son fils, Aiyawatt, vice-propriétaire des Foxes – laisse surtout le souvenir d’un homme humble, qui n’aura pas hésité à déléguer à des personnes de confiance (Jon Rudkin, Susan Whelan), mais aussi à intervenir lorsqu'il aura fallu mettre les mains dans le cambouis.
Vidéo
L'héritage à préserver
Cela aura notamment été le cas dans les mois post-titre, Vichai Srivaddhanaprabha, qui a fait sa fortune dans le duty-free et qui n’avait pas hésité à faire venir des moines pour bénir les joueurs lors de l’été 2015, décidant même de gérer personnellement la prolongation de contrat de Jamie Vardy, invité pour l’occasion dans la loge personnelle du propriétaire. Convaincu de poursuivre l’aventure à Leicester, l’international anglais invitera quelques mois plus tard son patron à sa fête de mariage. Les choses étaient comme ça avec Vichai : de la confiance, de l’esprit de famille, des cartes posées sur la table. Une histoire d’ambitions aussi, évidemment, l’homme affirmant ceci lors de l’une de ses rares prises de parole publiques à la suite du retour du club dans l’élite en 2014 : « La Premier League ? C’est bien, c’était l’objectif, maintenant on veut y rester et s’installer durablement dans le top 5. On se fixe trois ans pour y arriver. S’il faut dépenser 180 millions d’euros, je suis prêt à le faire. » Pas besoin de tout cet argent, Leicester est encore présent dans le ventre mou et s’est maintenu chez les grands grâce à une politique économique raisonnable. Mieux : Vichai Srivaddhanaprabha, rare proprio populaire en Angleterre, a préféré arroser, en parallèle, la communauté locale, œuvrant énormément auprès des associations et filant même 60 abonnements à l’année à 60 supporters pour ses 60 ans. Après le titre de champion, il avait alors résumé son histoire de cœur avec Leicester : « L’esprit ici existe grâce à l’amour que nous partageons et à l’énergie que nous avons réussi à installer, sur et en dehors du terrain. Dans les années à venir, cela restera encore notre plus grand atout. » Aujourd’hui, c’est surtout un héritage qu’il faudra préserver.

https://www.sofoot.com/srivaddhanaprabha-quand-l-impossible-devient-possible-462059.html

 

 

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