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BANGKOK 23 April 2019 15:54
Le Modérateur

La Thaïlande se dirige vers une autre crise politique. Entre dissolution du Thai Raksa Chart et rumeurs de coup d'état

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Les analystes sont très pessimistes sur l'avenir politique de la Thaïlande toujours plus divisée.

Hier, des rumeurs de coup d'état ont enflammé Internet à cause de mouvements de blindés au nord de Bangkok. Même si ses rumeurs sont infondées, le fait qu'elles existent montrent le niveau de nervosité de la population. L'article d'Asianews ci-dessous justifie déjà le prochain coup d'état.

Le premier ministre Chan-o-cha s'est fâché contre ceux qui propage ces rumeurs.

Beaucoup plus sérieuse est la possibilité de la dissolution du Thai Raksa Chart accusé d'avoir présenter un membre de la famille royale (en l’occurrence la princesse Ubolratana) à des élections. Ce parti avait été créé par le Pheu Thai au cas où celui-ci serait dissout (la justice thaïlandaise a l'habitude de dissoudre les partis pro-Thaksin pour faciliter la vie de l'establishment).  Le TRC devrait être dissout mais restera le Pheu Thai, à moins que lui aussi soit dissout.

http://www.khaosodenglish.com/politics/2019/02/11/election-commission-meets-to-discuss-disbanding-pro-thaksin-party/

http://www.khaosodenglish.com/news/2019/02/10/thai-riot-police-put-on-alert-as-coup-rumors-spread/

 

Article qui fait référence à la France mais écrit par Cod Satrusayang is the Managing Editor at Asia News Network.

Prayuth Chan-ocha sera peut-être Premier ministre après les élections, mais ce qui suit s'annonce plus difficile.

 

Le 16 mai 1877, le président français Patrice de Mac-Mahon démit de ses fonctions le Premier ministre de l'époque, Jules Simon, et nomma un successeur qui fut rejeté par le Parlement. Mac-Mahon a réagi en dissolvant le Parlement de manière unilatérale, ce qui a entraîné une crise constitutionnelle qui a transformé le paysage de la politique française jusque tard dans le XXe siècle. [remarque, c'est un peu aussi le pari raté de Chirac en 1997]

La Thaïlande pourrait bientôt connaître quelque chose de similaire.

Un vendredi dramatique a vu le parti Thai Raksa Chat nommer la sœur aînée du roi, la princesse Ubolratana, candidate Premier ministre, suivie d’une réprimande et du rejet de cette candidature par le roi et le palais.

La nomination de la princesse Ubolratana a été saluée par les partis alignés sur le Thai Raksa Chat et l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. Cela pouvait mettre en échec les partis soutenus par l’armée cherchant à désigner le "despote", chef de la junte et premier ministre actuel Prayuth Chan-o-cha.

Prayuth a renversé la sœur de Thaksin, Yingluck, lors d’un coup d’État en mai 2014, et règne depuis lors d'une main de fer. Sous son régime, la constitution a été transformée pour assurer la pérennité du pouvoir militaire et la dissidence s'est heurtée à des arrestations et à des poursuites.

En vertu de la constitution rédigée par l'armée, la junte nomme les 250 membres du sénat. Cela signifie que les forces armées ne doivent remporter qu'une fraction des sièges de députés le mois prochain pour être certain de choisir le futur Premier ministre.

La candidature de la princesse était considérée comme une alternative viable aux intrigues de Prayuth. La monarchie et la famille royale jouissent d'un statut élevé dans la société thaïlandaise et sont considérées favorablement par la population.

Le fait que le palais ait rejeté la nomination d'Ubolratana au motif que cela brouillerait les frontières entre la monarchie et le gouvernement, bien que compréhensible, signifie que l’opposition a besoin d’un nouveau personnage à qui se rallier.

La princesse Ubolratana était la candidate idéale, car elle aurait troublé les sénateurs pourtant conservateurs qui sont censés soutenir uniformément le candidat de l'armée.

Cela laisse la Thaïlande confrontée à une crise assez semblable à celle de la France en 1877. Si l'armée réussit à faire réélire Prayuth, il sera probablement le chef d'un gouvernement minoritaire. Alors que le Sénat est autorisé à voter pour le Premier ministre, l'assemblé nationale sera responsable de la plupart des lois.

Contrairement à la situation actuelle, le Premier ministre, Prayuth ne bénéficiera pas d'un parlement de godillots, il ne disposera pas des pleins pouvoirs lui permettant de faire adopter une politique et d'arrêter les voix dissidentes.

L'assemblée nationale sera probablement hostile à ses intentions et méfiante face à ses intrigues. Ce ne sera pas un chemin facile pour le chef d'une junte de fonctionner dans un environnement démocratique.

Et si Prayuth devait, compte tenu de son histoire de crises de colère et de sa compréhension simpliste de la politique, dissoudre le Parlement et convoquer des élections anticipées, il y aura probablement une crise constitutionnelle et politique.

Un autre coup de force de la part des fidèles de Prayuth ne sera probablement pas aussi bien toléré qu’il l’a été en 2014, lorsque la population était fatiguée par une décennie d’instabilité politique.

Alors que Prayuth a peut-être aidé ses amis à conserver le pouvoir, c'est là que se termine la promenade de santé et que commence le plus dur.

 

https://asianews.network/2019/02/11/thailand-is-headed-for-another-political-crisis-and-it-cant-help-itself/

 

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