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BANGKOK 21 May 2019 13:48
Le Modérateur

"J’ai vécu l’enfer...": une touriste varoise emprisonnée en Thaïlande à cause de sa cigarette électronique

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PAR Peggy Poletto

Cécilia Cornu a vécu un cauchermar pendant ses vacances en Thaïlande.

 

 

 

 

 

Cécilia Cornu a vécu un cauchermar pendant ses vacances en Thaïlande. Photo DR

 

 

 

Cécilia Cornu a vécu des vacances qui ont viré à l’enfer. Arrêtée le 30 janvier dernier en possession d’une cigarette électronique, elle a passé plusieurs jours dans les geôles de Bangkok.

 

Révoltée. Choquée. Dans la boulangerie familiale de ses parents à La Farlède, Cécilia Cornu a du mal à retenir ses larmes. A 31 ans, la jeune femme revient d’un voyage en enfer.

Ce qui devait être les premières vacances partagées avec ses parents, son petit-frère et son fiancé, ont viré au cauchemar en Thaïlande.

A cause d’une simple cigarette électronique, la jeune femme a été menottée, embarquée dans un commissariat, jugée lors d’un simulacre de procès, condamnée à... 23 euros et placée en détention quatre jours à Bangkok, avant d’être expulsée du pays.

"Tout cela pour avoir détenu une vapoteuse!, déclare-t-elle aujourd'hui. Ce n’est que par la suite que nous avons appris que c’était interdit..."

"Tout paraissait si beau..."

A ses côtés, sa mère relève que, lors d’un premier séjour en 2012 avec son époux dans ce même pays, ce dernier avait acheté sa première vapoteuse dans un commerce thaïlandais.

Ce voyage était pourtant pour Cécilia un rêve de petite fille. "Notre famille consacre sa vie à la boulangerie"poursuit la jeune fille.

"Je travaille depuis que j’ai 14 ans. Nous n’étions jamais partis tous ensemble en vacances et nous avons choisi la Thaïlande. Tout paraissait si beau..."

Aucun paysage ne restera pourtant dans sa mémoire. Seuls souvenirs et sentiments gravés à vie: l’injustice, la corruption, la prison. "Je suis passée du paradis à l’enfer", résume-t-elle.

menottée devant ses parents

Mais que s’est-il passé à Karon, coquette station balnéaire de la côte ouest de Phuket? Les Cornu atterrissent le 28 janvier. L’ambiance paradisiaque va durer 48 heures. "J’étais sur un scooter avec mon fiancé, mes parents et mon frère nous suivaient", raconte Cécilia.

"J’avais à la main ma cigarette électronique. Quatre policiers nous ont arrêtés. Ils m’ont arraché des mains la vapoteuse en nous réclamant 40.000 bahts (soit 1.132 euros, Ndlr) de la main à la main, le tout dans un anglais baragouiné. J’ai refusé de payer."

Alors que sa mère est en pleurs, et que son père les supplie de ne pas l’emmener, Cécilia Cornu est embarquée, menottée et déposée au commissariat. "Je pensais être dans mon bon droit et j’étais loin de m’imaginer l’ampleur que la situation prendrait", commente-t-elle avec émotion.

L’heure du jugement

La Varoise passera sept heures assise sur une chaise, sans bouger, sans boire, sans aller aux toilettes. "Mon père a pu, par le biais de son avocat, joindre l’ambassade de France qui a envoyé un traducteur."

Premier pot-de-vin à devoir être versé. "Mes parents ont dû payer 43.000 baths pour avoir droit à ce service!", confie-t-il.

Son passeport est confisqué. Il faut un avocat. D’un coup de baguette magique, le traducteur se transforme en homme de loi. "J’ai vite compris que cet intermédiaire était louche mais ma vie et mon avenir reposaient entre ses mains."

bakchichs

"Nous étions soixante femmes à cohabiter dans une pièce sale de soixante-dix mètres carrés, à dormir au sol."
"Nous étions soixante femmes à cohabiter dans une pièce sale de soixante-dix mètres carrés, à dormir au sol." DR
 

Les bakchichs s’accumulent pour faire accélérer la procédure, pour les policiers, pour le procureur, pour faire activer l’analyse des empreintes, pour que l’administration tape son procès-verbal et pour la recherche d’absence de drogue dans la cigarette électronique.

La jeune femme parvient à esquisser un sourire. "Je suis poursuivie pour la détention d’une vapoteuse, pointe-t-elle. Ironie du sort! Dans un pays où cocaïne, héroïne et autres drogues dures coulent à flot à tous les coins de rue..."

Le procès est fixé au 7 février. La date de retour de ce voyage étant prévu le 12 février. "Les débats ont eu lieu en vidéosurveillance avec un juge qui siégeait à l’étage. J’ai été condamnée à 857 bahts (23 euros). Je suis sortie libre."

Du moins le pensait-elle... En attendant le jour du départ, la famille vit cloîtrée, écœurée. "Mais je n’avais toujours pas récupéré mon passeport."

une amende de 23 euros

Une fois jugée, condamnée à payer l’équivalent de 23 euros, la Varoise n’en est pas au bout de ses peines. Le 11 février, veille programmée du retour en France, la famille se dirige vers le service de l’immigration pour récupérer le passeport de Cécilia.

On lui annonce alors qu’elle doit être transférée à Bangkok... pour être expulsée. Un déchirement. "Nous avons dû prendre l’avion le lendemain. Nous n’avions pas le choix", explique la mère de famille. "Imaginez ce que j’ai pu ressentir de laisser ma fille seule. C’était terrible."

Terrible résume aussi la suite des mésaventures de la Farlédoise. Une fois transférée à Bangkok, nulle trace de son dossier. Elle est incarcérée. Pour combien de temps? Pourquoi? Mystère.

"J’ai été écrouée dans une pièce de soixante-dix mètres carrés encerclée de barreaux, où nous étions soixante femmes à cohabiter avec douze ventilateurs dans une température assommante de quarante degrés", décrit-elle.

"On dormait par terre sur un sol terreux, très sale, sans matelas, sans draps."

Cacher le cash

Dans cette grande pièce, elle doit dissimuler dans son soutien-gorge l’argent destiné à payer le billet retour vers la France. Du cash très convoité par ses co-détenues. Le stress monte. Les angoisses aussi.

Elle lutte alors pour le pas s’endormir, pour ne pas qu’on lui vole sa chance de rentrer chez elle. Dans ces conditions spartiates, elle ne s’alimente pas de peur des infections, de tomber malade.

"Les repas étaient constitués de vieilles carcasses de poulet et du riz immangeable. La nourriture était jetée par des fentes à travers le grillage comme dans les cachots du Moyen-Age. Pour boire, c’était dans de vieux pots de peinture."

quatre jours, trois nuits en prison

Elle décrit des conditions indignes de détention au milieu de femmes maltraitées, malades, parfois enceintes. Au milieu de l’urine et du vomi. "Chaque nuit, ces images me réveillent en sursaut."

Après avoir passé quatre jours et trois nuits dans cette prison, Cécilia a embarqué mi-février dans un vol direction la France.

Désormais, elle aspire à se reconstruire, à surmonter ses moments douloureux et à prévenir. "La Thaïlande, plus jamais!"

 

https://www.varmatin.com/faits-divers/jai-vecu-lenfer-une-touriste-varoise-emprisonnee-en-thailande-a-cause-de-sa-cigarette-electronique-300674?

 

Quand nous mettons en garde contre l'usage du vapoteur en Thaïlande, certains nous disent qu'on exagère... Non, nous faisons notre travail, c'est tout.

Depuis des années nous demandons aux ambassadeurs et consuls de France en Thaïlande de mettre en garde les Français dans les "conseils aux voyageurs" comme le font les autorités anglaises. En vain.

 

Quant aux conditions qui font de IDC Bangkok la pire prison du monde, rappelons que c'est intentionnel. C'est pour que ces gens qui doivent quitter le territoire n'aient pas envie de rester. Et pourtant certains passent des années dans ce trou à rat.

 

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