Le Modérateur

Crash de Phuket : un procès inédit douze ans après, à Paris

2 messages dans ce sujet

 

L’ancien PDG de la compagnie aérienne thaïlandaise One-Two-Go sera jugé par défaut à Paris. Neuf Français avaient péri dans un crash en 2007.

 
Par Pascale Égré
Le 24 juin 2019 à 06h08

C'est un procès dont l'unique prévenu sera absent. Un procès inédit parce qu'il concerne un accident collectif qui s'est produit à l'étranger et vise l'ex-patron d'une compagnie aérienne thaïlandaise. Un procès que les familles des victimes considèrent, même « imparfait », comme « un aboutissement ».

Douze ans après le crash de Phuket (Thaïlande), qui avait causé la mort de 90 personnes dont neuf Français, le tribunal correctionnel de Paris juge par défaut ce lundi, durant trois jours, l'ancien PDG des compagnies aériennes thaïlandaises One-Two-Go et de sa maison mère Orient-Thaï Airlines.

Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, Udom Tantiprasongchai, 64 ans, est renvoyé pour « homicides et blessures involontaires » en raison de « fautes caractérisées d'imprudence et de négligences ». Ce sexagénaire réputé proche de la famille royale de Thaïlande n'a jamais répondu aux sollicitations de la justice française. Il encourt trois ans de prison et 45 000 euros d'amende.

Des failles de sécurité

Le 16 septembre 2007, à 16 heures, dans des conditions météo difficiles – vents violents, piste mouillée – le vol OG269 en provenance de Bangkok manque son atterrissage à Phuket. Le Mac Donell Douglas percute le remblai, se disloque et s'enflamme. À bord : dix Français dont un seul survit, grièvement blessé. En Thaïlande, l'enquête de sécurité conclut à des erreurs de pilotage du commandant de bord et du copilote. Tous deux ayant succombé, les autorités clôturent le dossier pénal et rechignent à coopérer avec la France, où une information judiciaire a été ouverte en 2008.

Or l'enquête thaïlandaise, finalement transmise à la justice française, a révélé les failles de la compagnie One-Two-Go en matière de sécurité, en particulier dans la gestion des plannings des pilotes. « Dépassements des durées maximales de vols et réductions des temps de repos » et « défaut de formation des personnels navigants », met-elle en lumière. « L'équipage (du vol OG269) a accumulé du stress, souffrait d'un manque de repos et de fatigue », a-t-elle conclu, établissant « une coordination insuffisante » au moment « d'une phase critique du vol ». À la dernière seconde, le copilote avait remis les gaz et transféré les commandes au commandant de bord.

 

Les juges du pôle accidents collectifs ont in fine retenu comme causes indirectes du crash « l'insuffisance de la formation dispensée à l'équipage et l'état de fatigue des pilotes dû au non-respect de la réglementation relative au temps de vol et de repos ». Cette pratique des dépassements des temps de travail fonde la responsabilité pénale du patron de la compagnie. Entendu, un pilote canadien jadis employé par la compagnie avait affirmé que des primes en espèce étaient même versées aux pilotes pour leur faire accepter les dépassements.

«Leurs décès ne résultent pas de la fatalité»

« Le jour du crash, le copilote avait cumulé 120 h 27 de vol en un mois, pour un maximum de 110 heures. Ni lui ni le commandant n'étaient en mesure de réagir de façon appropriée », souligne Gérard Bembaron, président de l'association de défense des familles des victimes, dont le frère a péri dans le drame. « Ce procès va nous permettre d'entendre que les décès de nos proches ne résultent pas de la fatalité, mais de la politique délirante d'une compagnie. Ce n'était pas un accident, mais une catastrophe annoncée. »

Seul rescapé français, Thibault Lamère, avait 23 ans en 2007. Il a perdu sa compagne dans l'accident. Lui a subi « 85 fractures » et des années d'interventions. L'approche du procès a réveillé images et « mauvais souvenirs ». « Mes séquelles, je les aurai à vie. Les gens qui sont décédés, cela ne les ramènera pas », dit-il. Il regrette qu'il n'y ait « personne en face » à l'audience, mais espère que cette étape, « attendue durant douze ans », permettra « de clore le dossier ».

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/crash-de-phuket-un-proces-inedit-douze-ans-apres-24-06-2019-8101095.php

FO4WH2DGZHNEXJ2H7WBCKWZGPE.jpg.006ee96d1fcfd4722508e0d105d99ec7.jpg

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Supprimer la mise en forme

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.


BANGKOK 12 décembre 2019 07:18
Sponsors