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Coronavirus : les pays d'Asie du Sud-Est prennent soin de ne pas froisser Pékin

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Touchés par le coronavirus, les pays d'Asie du Sud-Est protègent leurs intérêts en prenant garde de ne pas paraître anti-chinois. Certains, comme l'Indonésie, dont l'interdépendance avec la Chine est importante, veulent éviter tout effondrement de leur monnaie.

Depuis le 1er février, les touristes chinois qui débarquent en Thaïlande doivent montrer patte blanche. Ou plutôt, produire un certificat médical attestant de leur bonne santé et d'absence de contamination par le coronavirus. Si  les autorités de Bangkok disent se conformer aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé , elles tentent surtout de ne pas se couper d'une partie de la manne touristique chinoise qui a dépensé l'an dernier quelque 18 milliards de dollars. En interdisant aux groupes de touristes de se déplacer, les autorités chinoises portent un coup sévère au Royaume, dont le tourisme alimente 21 % de son PIB.

Juste équilibre

Comme la Thaïlande, beaucoup de pays d'Asie du Sud-Est essaient à présent de trouver le juste équilibre pour se protéger du coronavirus - qui hormis aux Philippines n'a pas fait de victime - sans froisser Pékin. Ainsi, suspendre les vols en provenance de Wuhan, épicentre de la crise, tient de la décision purement sanitaire ; couper toutes les connexions avec la Chine relève du domaine du politique.

Le Vietnam, dont l'économie est très liée à la Chine, s'y est pourtant résolu : après avoir fermé les liaisons routières et aériennes fin janvier, Hanoï s'apprête à présent à stopper les trains et à fermer ses sites touristiques dans la capitale, rapporte Jean-Philippe Eglinger, PDG de Viêt Phap Stratégies. Les compagnies aériennes birmanes ont elles aussi suspendu leurs liaisons avec la Chine continentale tandis que les autorités ne délivrent plus de visa à l'arrivée sur leur territoire aux ressortissants chinois, qui ont été l'an dernier 700.000 à visiter la Birmanie, explique Olivier Guillard, directeur de l'information de GardaWorld.

La manne touristique chinoise

Depuis la période du SRAS en 2003, le tourisme chinois s'est considérablement développé, les sommes dépensées sont passées de 17 milliards de dollars cette année-là à quelque 260 milliards. La Thaïlande et le Cambodge, mais aussi la Birmanie ou la Malaisie, figurent parmi les destinations les plus prisées. Au fond, l'équation pour les pays d'Asie du Sud-Est n'est pas facile à résoudre. « Ils font tout pour montrer qu'ils n'ont pas choisi cette situation. D'un côté, ils protègent leurs intérêts nationaux et en même temps, ils ne peuvent pas se mettre la Chine à dos. Pour eux, il importe qu'une mesure anti-malade ne soit interprétée comme antichinoise », analyse Jean-François Di Meglio, président d'Asia Centre. Au-delà du tourisme, ce sont les liens commerciaux et les questions de logistique qui suscitent de nombreuses questions.

lire la fin de cet excellent article de Michel de Grandi

https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/coronavirus-les-pays-dasie-du-sud-est-prennent-soin-de-ne-pas-froisser-pekin-1169021

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BANGKOK 06 août 2021 01:06
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