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Le ministre de la santé, Anutin, dans le collimateur des Thaïlandais

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Le magnat devenu politicien Anutin Charnvirakul est sans doute le ministre de la Santé publique le plus détesté de Thaïlande à l'heure actuelle. Mais pour être honnête, ses prédécesseurs n’ont jamais eu à s’attaquer à la pire crise virale au monde depuis plus d’un siècle.

 

À la tête du parti Bhumjaithai dont la principale promesse électorale était de légaliser la marijuana médicale, Anutin a repris le portefeuille de la santé en juillet 2019. Mais alors que sa campagne de cannabis a bien progressé, la campagne d'Anutin contre l'épidémie de COVID-19 qui a émergé au début de 2020 a connu critique et controverse.

Situation du COVID-19

Dès que le COVID-19 a frappé la Thaïlande, Anutin est devenu la cible de critiques féroces. Pour beaucoup, il est coupable d'avoir sapé les mesures antivirus en envoyant des messages déroutants. Certains de ses commentaires étaient téméraires et ont dû être suivis de clarifications ou de rétractations. Dans d'autres cas, le public lui a reproché d'être trop lent, en particulier dans la mise en œuvre de la quarantaine obligatoire de 14 jours qui protégeait la Thaïlande.

Lors de la première vague de COVID-19 l'année dernière, Anutin a choqué le personnel médical en déclarant que les médecins qui ont contracté un coronavirus devraient être punis pour ne pas avoir pris de précautions.

Le commentaire a suscité un tollé général pour avoir ciblé des médecins courageux luttant contre COVID-19, et une campagne en ligne pour évincer le ministre de la Santé a été lancée en mars 2020. Anutin a présenté des excuses publiques dans le but d'étouffer la controverse.

Les critiques contre Anutin se sont rapidement estompées, en partie parce que la propagation du COVID-19 a été efficacement contenue entre avril et novembre de l'année dernière, ce qui a suscité des éloges internationaux pour la Thaïlande.

Mais lorsque la deuxième vague est apparue en décembre, la réponse d’Anutin a de nouveau été remise en question. Les critiques ont déclaré que ses menaces de tenir les travailleurs migrants illégaux infectés et les joueurs des casinos clandestins responsables de l'épidémie signifiaient que les gens se cacheraient même s'ils soupçonnaient qu'ils étaient infectés. Le risque de propagation de la maladie est plus élevé si les personnes exposées au virus, qui a déjà tué plus de 3 millions de personnes dans le monde, refusent de se manifester.

Par ailleurs, les migrants clandestins et les joueurs existent car la police les laissent faire, comme l'ont prouvé les mutations d'officiers de police.

Depuis que la troisième vague de COVID-19 a émergé le mois dernier, les critiques contre Anutin se font plus nombreuses et surtout plus sévères. Le ministre des Transports, Saksayam Chidchob, qui, dans des circonstances controversées, est devenu le plus haut fonctionnaire du gouvernement à attraper COVID-19, était notamment absent de la liste des coupables dressée par Anutin.

Pendant ce temps, alors que le nombre de décès dus au virus dans le pays augmente, le public ne peut s'empêcher de penser que la troisième vague aurait pu être évitée ou du moins freinée si la Thaïlande avait mis en place une campagne vaccinale, toujours au stade de projet.

Au 2 mai, environ 1,4 million de Thaïlandais ont reçu au moins une dose de vaccin COVID-19. Ceci est encore bien en deçà de l'immunité collective ciblée, qui nécessitera une inoculation en deux doses d'environ 50 millions de Thaïlandais.

Anutin a répondu en suggérant qu'il est prêt à supplier le géant pharmaceutique américain Pfizer de livrer rapidement son vaccin COVID-19. Inutile puisque ce vaccin est toujours interdit en Thaïlande. Il a également mis la pression sur le personnel médical submergé par le nombre croissant de patients atteints de COVID-19.

A ce jour, une pétition en ligne lancée par des médecins appelant Anutin à démissionner a attiré plus de 220 000 signatures. La pétition «Mor Mai Thon» (Les médecins ne tolèrent pas cela) est une preuve concrète du mécontentement généralisé face à la gestion par Anutin de la situation de COVID-19.

Les partisans du ministre de la Santé ont rapidement riposté, répondant au tag viral #Mor Mai Thon avec «#SaveAnutin» et «#RealGoldisNotAfraidofFire».

Mais un autre revers est survenu lorsque le Premier ministre général Prayut Chan-o-cha a semblé le pointer du doigt à la fin du mois dernier.

Anutin a rapidement rejeté la faute sur le général, déclarant qu'il s'était conformé aux ordres de Prayut depuis le début.

«Le ministère de la Santé publique soutient l'administration en charge de Covid (CCSA), qui est dirigé par le Premier ministre», a déclaré Anutin.

Comment a-t-il obtenu le portefeuille de la santé publique?

Né en 1966, Anutin a suivi les traces de son père, ancien politicien bien connecté et fondateur de la firme de construction sino-thaïlandaise Chavarat Charnvirakul. Après avoir remporté du succès dans les affaires, père et fils ont poursuivi une carrière politique.

Chavarat était un poids lourd politique qui a occupé plusieurs postes importants avant de se retirer de la scène. Il a été ministre de l'Intérieur, vice-Premier ministre et ministre de la Santé publique, et a également dirigé le parti Bhumjaithai.

Anutin a obtenu un diplôme en ingénierie de l’université Hoftra de New York en 1989 et est retourné en Thaïlande pour diriger l’entreprise de construction familiale. Sa famille a aidé à financer plusieurs partis politiques, dont le parti Thai Rak Thai (TRT) fondé par l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Anutin a été vice-ministre du Commerce sous le gouvernement dirigé par TRT et était vice-ministre de la Santé publique entre 2004 et 2005.

Cependant, il a été banni de la politique pendant cinq ans lorsque TRT a été dissous en 2007.

Il a fait son retour politique avec le parti Bhumjathai et son puissant clan Chidchob.

Il y a deux ans, Bhumjaithai a remporté 51 sièges de député aux élections générales et a ainsi pu faire pencher la balance du côté du parti Palang Pracharath  et non du Pheu Thai. Le Bhumjaithai d’Anutin a depuis accru son influence avec l’ajout de 10 députés supplémentaires du Future Forward Party, désormais dissous.

Sa forte position de négociation lors de la formation du gouvernement a permis à Anutin de remporter les postes qu’il voulait - ministre de la Santé publique et vice-Premier ministre.

Classé parmi les super-riches de Thaïlande, Anutin pèse 4,2 milliards de Bt selon sa déclaration d'actifs de 2019. Désormais divorcé, il a deux enfants adultes issus de son premier mariage. Il a épousé sa deuxième femme en 2013 mais a divorcé à nouveau en 2019. Son jugement de divorce comprend un paiement de 50 millions de Bt plus une pension alimentaire mensuelle de 300 000 Bt.

Anutin est également un pilote passionné. Pour les longs trajets intérieurs, il opte invariablement pour un jet privé, prenant lui-même les commandes. Amoureux de la tranquillité rurale du nord-est, il a fondé le Rancho Charnvee Resort Country Club à Nakhon Ratchasima.

Anutin a déclaré qu'il aimait méditer régulièrement, une habitude qui, selon lui, aide à stimuler la pleine conscience et sa capacité à gérer les pressions quotidiennes.

https://forum.thaivisa.com/topic/1215787-anutin-charnvirakul-man-in-firing-line-for-thailand’s-covid-crisis/

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BANGKOK 05 août 2021 02:06
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