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Total en Birmanie : le groupe français financerait la junte via des comptes offshore

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Le groupe pétrolier français se servirait d'un montage financier autour d'un gazoduc sous-marin pour mettre en place un système de partage des revenus avec la junte, en passant par les Bermudes. Total affirme simplement s'acquitter de ses obligations auprès de l'Etat birman.

La Myanmar Oil and Gas Enterprise, entreprise gazière et pétrolifère d'Etat, est en lien avec Total pour l'exploitation du gisement gazier de Yadana.
La Myanmar Oil and Gas Enterprise, entreprise gazière et pétrolifère d'Etat, est en lien avec Total pour l'exploitation du gisement gazier de Yadana. (Total)
Par Les Echos
 

La pression monte sur Total en Birmanie. Depuis le putsch des généraux le 1er février dernier, des entreprises étrangères ont quitté le pays pour ne pas collaborer avec la junte mais pas le pétrolier français qui rappelle notamment que la moitié de l'électricité distribuée dans la capitale Rangoon est produite avec son gaz. De nombreuses ONG, et jusqu'à des responsables politiques français, ont néanmoins appelé le groupe dirigé par Patrick Pouyané à cesser de financer l'Etat birman sous la coupe des militaires.

Or, selon des documents consultés par « Le Monde », Total bénéficierait d'un montage financier autour du gazoduc sous-marin de 346 km qui relie le gisement de Yadana, en mer d'Andaman, à la Thaïlande. Ce tuyau, affirme le quotidien, ne se contenterait pas de transporter du gaz, il serait aussi au coeur d'un système « offshore » qui permettrait, via les Bermudes, de détourner des centaines de millions de dollars provenant des ventes du gaz des caisses de l'Etat birman vers la Myanmar Oil and Gas Enterprise (MOGE), entreprise gazière et pétrolifère publique à la gestion opaque, contrôlée par les militaires.

Ce à quoi, Patrick Pouyanné, aux manettes de la « major », répond simplement s'acquitter de ses obligations auprès de l'Etat birman. En plus de Total, il y a parmi les actionnaires du gazoduc la firme américaine Chevron et la compagnie thaïlandaise PTT.

La répression se poursuit

L'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi , assignée à résidence par la junte qui l'a renversée, a entamé son quatrième mois en détention, isolée de l'agitation et des violences qui ont encore secoué le pays. La lauréate du prix Nobel de la paix 1991, amaigrie mais en bonne santé selon ses avocats, n'a pas été vue en public depuis son arrestation lors du putsch du 1er février.

Depuis trois mois, malgré une répression sanglante, des manifestations quasi quotidiennes ébranlent le pays, une vaste campagne de désobéissance civile - avec des milliers de travailleurs grévistes - paralyse des secteurs entiers de l'économie et des opposants, passés dans la clandestinité, ont formé un gouvernement de résistance. 

 Samedi, de petits groupes de protestataires ont de nouveau défilé dans les rues, se dispersant rapidement par peur des représailles. Près de 760 civils sont tombés sous les balles des forces de sécurité ces trois derniers mois et quelque 3.500 sont en détention, d'après une ONG locale.

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BANGKOK 18 mai 2021 07:26
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