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La torture et les enlèvements politiques pourraient devenir illégaux en Thaïlande

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Les législateurs thaïlandais débattent d'une législation très attendue sur la torture et les enlèvements

BANGKOK (Reuters) – Le parlement thaïlandais a commencé mercredi à débattre d'un projet de loi interdisant la torture et les disparitions forcées, après des années de retard et d'indignation de la société civile face aux allégations d'abus et d'impunité dont se rendent coupables les forces de l'ordre.

Un projet de loi conçu pour empêcher et punir les agents de l'État voyous qui enlèvent et torturent des suspects a été initialement approuvé par le cabinet en 2016, mais l'avancement du projet de loi a été bloqué, on ne sait pas par qui.

La Thaïlande a signé une convention internationale sur la protection contre les disparitions forcées en 2012 mais n'a pas ratifié le traité.

Les Nations Unies a enregistré 82 cas de disparitions forcées en Thaïlande depuis 1980, tandis qu'au moins neuf dissidents thaïlandais qui ont fui les persécutions ces dernières années ont été enlevés dans les pays voisins, selon Human Rights Watch, basé à New York.

La discussion de la loi en question, dont un projet a été approuvé par le cabinet en juin, arrive au moment où un suspect a été torturé et possiblement tué par six policiers. Les faits ont été filmés par une caméra de sécurité et la vidéo est devenue virale le mois dernier.

« La torture et la disparition de personnes par des représentants de l'État constituent une violation flagrante des droits humains et ne peuvent avoir lieu en aucune circonstance », a déclaré le ministre de la Justice Somsak Thepsutin au parlement.

Pour toute personne reconnue coupable de torture et de disparitions forcées, les sanctions proposées comprennent de lourdes amendes et des peines d'emprisonnement de 5 à 15 ans, portées à 10 à 25 ans si la victime est grièvement blessée et à 15 à 30 ans ou à perpétuité en cas de décès.

"La torture a eu lieu dans de nombreuses régions du pays mais n'a jamais donné lieu à des poursuites parce que l'acte des représentants de l'État n'était pas considéré comme criminel", a déclaré Pornpen Khongkachonkiet, de la Cross Cultural Foundation, qui surveille et documente la torture et les abus.

Le président de l'Assemblée nationale, Chuan Leekpai, a déclaré qu'un vote sur les différents projets de loi se tiendra jeudi. Les législateurs s'attendent à ce qu'une version finale soit adoptée au début de l'année prochaine.

Les ambassadeurs de nombreuses démocraties occidentales (sauf, semble-t-il la France ?) ont envoyé des messages pour souhaiter le passage de cette loi.

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BANGKOK 17 octobre 2021 09:36
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