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Thaïlande, la résistance entre rire et larmes

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Deux ans après le coup d’Etat, le régime s’enfonce dans l’autoritarisme. Seuls quelques opposants tentent, par des initiatives osées ou humoristiques, sévèrement réprimées, de conserver leur liberté d’expression.

L'analyse d'Arnaud Dubus dans Libé. Suivre le lien

Ils sont un petit groupe assis à discuter autour de cafés glacés dans la cantine du tribunal pénal de Bangkok. Cinq intrépides qui viennent de lancer un défi symbolique à la junte qui dirige la Thaïlande depuis deux ans et le coup d’Etat de mai 2014 : ils ont intenté un procès contre les généraux au pouvoir pour rébellion contre le système de monarchie constitutionnelle. «Les tribunaux de première instance et la cour d’appel ont rejeté notre recours, reconnaît Anond Nampa, de l’association des avocats pour les droits de l’homme. Il nous reste la Cour suprême.»

Cette démarche peut paraître anodine, mais dans la Thaïlande de Prayuth Chan-ocha, chef de la junte et Premier ministre, elle témoigne de cette résistance opiniâtre que les généraux rétrogrades du Conseil national de la paix et de l’ordre n’ont pas su étouffer malgré une militarisation en règle du pays et une stratégie systématique d’intimidation. «Jamais un régime militaire en Thaïlande n’a dû faire face à la puissance des réseaux sociaux et d’Internet : aujourd’hui, tout le monde peut être journaliste, les généraux sont dépassés par le monde qui les entoure», indique Pansak Srithep, venu lui aussi au tribunal et dont le fils a été tué par les militaires lors des manifestations des Chemises rouges, partisans du changement social et, pour la plupart, de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé en septembre 2006 lors d’un précédent coup d’Etat.

http://www.liberation.fr/planete/2016/05/19/thailande-la-resistance-entre-rire-et-larmes_1453829

 

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BANGKOK 15 août 2020 14:27
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