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Birmanie: les combats s’intensifient dans l’État Kayah, la Thaïlande envoie des renforts

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Alors que les réactions internationales se multiplient pour condamner l’attaque du 24 décembre contre des civils qui a fait 35 morts dans l’État Kayah en Birmanie, les combats s’intensifient dans la zone, frontalière avec la Thaïlande, provoquant l’afflux de milliers de réfugiés. L’armée thaïlandaise envoie des renforts dans la région. Tirs de mortiers, combats au sol, véhicules incendiés… C’est désormais la guerre ouverte entre l’armée birmane, la Tatmadaw, et plusieurs milices armées, notamment l’Union Nationale Karen, l’une des plus anciennes armées ethniques, et les Forces de défense des nationalités Karens, un groupe nouvellement créé qui regroupe plusieurs sections de citoyens armés.

 

Les soldats birmans sont aussi accusés de pratiquer des rafles dans les villages pour punir toute solidarité avec les combattants. Si les affrontements durent depuis des mois, le retour de la saison sèche ces dernières semaines a rendu possible l’accès à de plus larges zones de combat.

 

Des villageois se réfugient en Thaïlande

Des milliers de villageois ont fui vers la Thaïlande voisine. Plus de 5 000 d’entre eux ont été autorisés à rester sur le sol thaïlandais pour raison humanitaire. Un geste inhabituel qui reflète la gravité de la situation.

Des villageois ont essayé de fuir les combats, ils se sont donc réunis dans plusieurs véhicules et ces véhicules ont tenté de fuir la zone de combat. Mais ces véhicules ont été interceptés par les militaires birmans, qui ont mis le feu aux véhicules, avec les villageois à bord, majoritairement des femmes et des enfants qui sont morts brûlés vifs. Et il y a eu d’autres morts en plus de cela…

L’armée a annoncé renforcer sa présence dans la province frontalière de Tak, les villageois habitant trop près de la ligne de front ont la possibilité de venir s’installer dans des temples et des hangars, plus à l’intérieur des terres.

Les Nations unies demandent l’ouverture d’une enquête « approfondie et transparente » pour traduire les responsables devant la justice après l’attaque qui a fait 35 morts dans un village de l’État Kayah. La nouvelle envoyée spéciale des Nations unies pour la Birmanie, Noeleen Heyzer, s’est déclarée « profondément inquiète » de l’escalade de la violence dans le pays et a appelé à un cessez-le-feu à l’occasion de la nouvelle année.

Des photos diffusées samedi sur les réseaux sociaux montrent une douzaine de véhicules incendiés près du village de Moso, une communauté chrétienne, dans le canton de Hpruso, dans l’État de Kayah, à l’est du pays. À l’intérieur, au moins 35 personnes – dont des femmes et des enfants – tuées et brûlées selon les ONG sur place, par les militaires.

La junte a déclaré vendredi dans un communiqué que les véhicules trouvés sur les lieux ne s’étaient pas arrêtés pour être inspectés comme cela leur avait été ordonné et que certains « terroristes » du groupe avaient commencé à tirer sur les soldats, qui ont riposté. Mais le communiqué ne mentionne ni les véhicules ni les corps calcinés.

L’organisation humanitaire Save the Children a déclaré que deux de ses employés, qui rentraient au bureau après avoir mené des actions humanitaires dans une communauté voisine, ont été pris dans l’incident et sont toujours portés disparus. L’ONG dit avoir eu la confirmation que leur véhicule privé a été attaqué et incendié. Les militaires auraient forcé les gens à descendre de leur voiture, en auraient arrêté certains, tué d’autres et brûlé leurs corps.

 

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BANGKOK 26 mai 2022 11:25
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