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Liberté de la presse en Thaïlande 2022, si le classement est bien meilleur, la note a encore baissé

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Le classement mondial de la liberté de la presse en Thaïlande s'est amélioré, le pays se classant 115e sur 180 pays dans l'indice mondial de la liberté de la presse de cette année, contre 137e en 2021. Mais la note est passée de près de 55 à 50 quand la Norvège atteint 92 et la France, malgré sa concentration excessive est à 78.

Les pays où la liberté de la presse est la plus grande, selon le classement, sont la Norvège, le Danemark, la Suède, l'Estonie et la Finlande. Alors que les pays en bas de la liste sont le Myanmar, le Turkménistan, l'Iran, l'Érythrée et la Corée du Nord.

Malgré l'amélioration du classement de la Thaïlande, Reporters sans frontières explique que le paysage médiatique du pays est très "polarisé". La vision du Premier ministre Prayut Chan-o-cha sur la façon dont les médias devraient «jouer un rôle majeur dans le soutien aux affaires du gouvernement» reflète la situation difficile à laquelle les journalistes sont confrontés.

Le rapport mentionne également que certains médias, qui tentent de présenter un point de vue différent, finissent souvent par être ciblés par les autorités.

Reporters sans frontières note également que la liberté de la presse dans la région Asie-Pacifique s'est considérablement dégradée. Un exemple notable est le coup d'État militaire au Myanmar, qui est devenu la « plus grande prison » du monde pour les journalistes.

Les médias subissent également des pressions de la part de gouvernements autoritaires, certains journalistes au franc-parler, comme la lauréate du prix Nobel de la paix Maria Ressa, devenant la cible d'un harcèlement intense.

Parmi les pays de l'ASEAN, la Malaisie meilleure élève parvient à une médiocre 113e place, suivie de l'Indonésie (117), de Singapour (139), du Cambodge (142), de Brunei (144), des Philippines (147), du Laos (161), du Vietnam (174) et Birmanie (176).

La Suisse est 14e, le Canada 19e et la Belgique 23e.

 

Voici, le détail du rapport de RSF sur la Thaïlande.

La vision de la presse du Premier ministre, Prayut Chan-ocha, suffit à dépeindre la situation des médias : les journalistes "jouent un rôle important en soutenant les actions du gouvernement”.

Paysage médiatique

A l’image de la société thaïe, le paysage médiatique est très polarisé : d’un côté, la presse grand public suit la ligne du gouvernement, à l’image du quotidien Thai Rath ; de l’autre, des médias plus confidentiels tentent d’apporter une vision alternative et sont, à ce titre, la cible de pressions des autorités. C’est le cas de Voice TV, une chaîne fondée à l’origine par une figure de l’opposition et régulièrement menacée de suspension. C’est encore plus vrai avec des médias en ligne comme Prachatai ou The Reporters, qui mènent un combat quotidien pour faire vivre une information fiable à destination des internautes du royaume.

Contexte politique

Les élections qui se sont tenues en 2019 n’ont rien changé à l’emprise sur les médias de l’élite qui entoure le général Prayuth Chan-o-cha, auteur du coup d’État de 2014, et qui cumule les postes à la tête du gouvernement, de l’armée et de la police. Sa défense de la sacro-sainte monarchie absolue thaïe sert de prétexte pour arrêter quiconque est accusé de ternir l’image du pays. Tous les vendredis soirs, le “général-Premier ministre” occupe les ondes radio et télévisées pour faire la promotion de ses points de vue.

Cadre légal

La définition très extensive du crime de lèse-majesté (art. 112 du code pénal), passible de 15 ans de prison, fonctionne comme une épée de Damoclès au-dessus de chaque rédaction. Le recours systématique aux lois sur la diffamation et la cybercriminalité sont également utilisées pour harceler les journalistes qui, s’ils sont poursuivis, sont obligés d’engager des frais juridiques exorbitants. Le gouvernement a aussi imposé un “code de conduite” qui lui per

Contexte économique

Apparemment indépendants du pouvoir exécutif, les grands médias du pays sont détenus par une poignée d’oligarques directement liés à la famille royale, à l’armée et à l'incontournable général Prayut. En miroir, les médias proches de l’opposition ont été créés grâce au financement de cercles d’affaires proches de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, aujourd’hui en exil. Le développement de nouveaux modes de financement participatif permet l’éclosion de portails d’information moins soumis au regard de leurs financeurs.

Contexte socioculturel

Le message est clair : soit les rédactions respectent une autocensure scrupuleuse, soit leurs journalistes s’exposent à des accusations d’atteinte à la “sécurité nationale” ou à “la paix et l’ordre” qui peuvent les conduire directement en prison. Preuve de ce climat de peur généralisée : les manifestations pro-démocratie massives qui ont animé les rues thaïlandaises en 2020 ont été soigneusement tues dans les médias de l’élite gouvernante ; les médias alternatifs, qui ont voulu les couvrir, ont dû mesurer chaque terme employé pour ne pas s’exposer à la répression.

Sécurité

En Thaïlande, chaque journaliste doit savoir que toute critique du pouvoir est susceptible de déclencher une violente répression, rendue possible par une justice aux ordres du pouvoir exécutif. Depuis le coup d’État de 2014, plusieurs dizaines de journalistes et de blogueurs ont été contraints de choisir entre la prison et l’exil. Les détenus condamnés pour crime de lèse-majesté sont systématiquement victimes de mauvais traitements

 

 

 

De son côté Ouest France, précise :

Le dernier rapport publié par Reporters sans frontières révèle que la France gagne huit places au classement sur la liberté de la presse. Elle occupe donc la 26e place, derrière Trinité-et-Tobago et devant la Slovaquie. Ce score est caractérisé par de bons résultats sur le plan légal et socioculturel, mais un contexte économique et sécuritaire jugé « problématique », selon RSF. Par le passé, la France avait été pointée du doigt, notamment lors de la crise des Gilets jaunes.

Le classement, qui fête ses 20 ans, évolue avec la mise en place de cinq indicateurs censés refléter la liberté de la presse dans sa complexité : contexte politique, cadre légal, contexte économique, contexte socioculturel et sécurité.  Au sommet du tableau, on retrouve les pays scandinaves, Norvège en tête, l’Irlande (6e), le Portugal (7e) ou encore le Costa Rica (8e). Parmi les moins bien classés, figurent notamment la Corée du Nord (180e), en queue de classement, suivie par l’Érythrée. La Chine figure à la 175e place.

Hong Kong a, elle, dégringolé dans ce classement international de la liberté de la presse, les autorités ayant appliqué une nouvelle loi draconienne sur la sécurité pour réduire au silence les organes de presse critiques et emprisonner les journalistes.

Rien qu’au cours de l’année dernière, elle a chuté de 68 places pour atteindre le 148e rang, ce qui place le centre d’affaires international entre les Philippines et la Turquie.

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BANGKOK 29 juin 2022 04:54
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