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Raphaël : il ne manquait que le feu de camp

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Raphaël : il ne manquait que le feu de camp

Raphaël nous a offert, hier soir, un concert acoustique très « cool » qui tenait plus de la réunion de potes autour d’un feu de camp que d’une grande messe rock.

Les instruments ? Une guitare à 12 cordes dont Raphaël parvient à tirer du bon son et du rythme, pour contrebalancer le caractère mélancolique de certaines de ses chansons. Et un excellent pianiste sur plus de la moitié des morceaux. Et c’est tout.

Réunion amicale car Raphaël aime interagir et blaguer avec le public. Restreint, forcément restreint, le public, vue la taille de la salle (amphi de l’Alliance Française) et la présence de 3 rangs de sièges réservés à des « officiels » dont on ne sait jamais s’ils viennent là par obligation ou parce qu’ils aiment le spectacle.

Heureusement, les vrais fans étaient là, même si leur moyenne d’âge était assez élevée. Les rides ont poussé au coin des yeux des spectateurs mais l’éclairage intimiste de la salle n’a pas non plus épargné le visage de Raphaël qui, s’il possède toujours son allure adolescente, commence à ressembler à une quarantenaire qu’il est depuis peu. Cependant, il fait partie de ces stars qui pourraient arriver sur scène en haillons et mal rasé et qu’on trouverait toujours craquantes alors que d’autres ressemblent juste à des clochards.

Entre chaque chanson, parfois désespérée, pour ne pas dire « sinistre » comme il s’en amuse lui-même, Raphaël fait rire l’assistance avec justesse et intelligence, comme pour montrer qu’il ne se prend pas trop au sérieux et mettre une distance entre lui et son œuvre.

Il demande quelle chanson voudrait entendre. Une fan choisit « Peut-être a-t-il rêvé » que Raphaël a prétendu ne pas avoir chanté depuis des années et avait peur d’avoir oublié. Hé bien, non seulement il s’en est souvenu mais cela a été un beau moment d’émotion, ponctué par le jugement -exact- de l’artiste « C’est vrai que c’est une jolie chanson ».

Durant 1 heure 20, il a revisité ses principaux tubes tout en incluant certaines des chansons figurant sur son dernier album -normalement chanté avec une chorale d’enfants- comme « Sur mon dos » ou « Si jamais je nais demain », de très beaux textes.

À deux reprises, Raphaël se lance dans ces covers aussi réussies que décalées : « Aline » de Christophe car c’est la seule chanson française que les musiciens qu’il a rencontrés dans un restaurant de Kuala Lumpur connaissaient. Et You're The One That I Want de la BO du film Grease avec John Travolta.

On aurait eu plaisir à passer plus de temps avec lui, l’écouter blaguer, maniant l’auto dérision pour désamorcer le caractère parfois plombant de certaines de ces chansons. D’ailleurs, il commence quand-même le spectacle par « Dans 150 ans », faut oser.

« Caravane », « Sur la route », bien sûr, pour faire plaisir au public mais le meilleur moment, c’est sans doute « Schengen » suivi par « Ne partons pas fâchés » car il peut lâcher les chevaux de sa guitare.

En acoustique on ne peut pas tricher et on se rend rapidement compte que Raphaël chante parfaitement. C’est un vrai professionnel avec de belles capacités vocales qui n’apparaissent pas forcément avec des orchestrations plus envahissantes.

Un chanteur bien dans sa peau qui aime faire rire, souvent à ses dépens, mais qui chante parfaitement des œuvres qui font honneur à la chanson française.

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désolé pour la photo médiocre

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BANGKOK 09 août 2022 21:26
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