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Thaïlande : quatre fonctionnaires en passe d'être inculpés dans le meurtre d'un militant écologiste

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La justice thaïlandaise va inculper quatre fonctionnaires soupçonnés d'être impliqués dans le meurtre en 2014 d'un militant écologiste, nouveau rebondissement dans une affaire de disparition qui a ému le royaume.

Le parquet «a décidé d'inculper quatre suspects impliqués dans le cas Billy», a indiqué lundi à l'AFP Prayut Petchkhun, porte-parole adjoint du bureau du procureur général.

Il a confirmé que Chaiwat Limlikitaksor, l'ancien directeur du parc national de Kaeng Krachan, allait être poursuivi pour «meurtre avec préméditation, détention, et dissimulation de corps».

Ce retournement de situation intervient deux ans après que le parquet a abandonné les charges qui visaient les quatre suspects, une décision critiquée par des ONG de défense des droits de l'homme.

Por Cha Lee Rakcharoen, connu sous le nom de «Billy», a disparu le 17 avril 2014 après avoir été arrêté par des fonctionnaires à un poste de contrôle du parc de Kaeng Krachan, au sud de Bangkok. Motif officiel: être en possession de miel récolté illégalement.

Mais le militant devait ce jour-là rencontrer des villageois, membres comme lui de la minorité ethnique karen, pour les aider à préparer une action en justice contre des autorités locales, accusant ces dernières d'avoir détruit les maisons de 20 familles dans le parc en 2011.

Cinq ans après sa disparition, la police avait découvert un morceau du crâne en partie calciné dans une étendue d'eau du parc national. Le ministère de la Justice avait indiqué que, d'après les analyses ADN, il s'agissait bien de l'activiste.

Des poursuites pour «meurtre» avaient alors été engagées à l'encontre de quatre fonctionnaires, dont le directeur du parc à l'époque de la disparition. Ce dernier, l'une des dernières personnes à avoir vu le militant en vie, a toujours affirmé qu'il l'avait laissé repartir.

Mais en janvier 2020, faute de témoins oculaires ou d'éléments probants, les poursuites ont été abandonnées.

Cette décision a été réexaminée et contestée par le Département des enquêtes spéciales du ministère de la Justice, ce qui a ouvert la voie à leur inculpation, étape préalable avant un éventuel procès.

Les Nations unies estiment qu'il y a eu au moins 82 cas de disparitions forcées en Thaïlande depuis 1980, mais selon les experts, le chiffre réel serait plus élevé.

Un projet de loi longtemps reporté faisant de la torture et des disparitions forcées un crime a été voté en février par la chambre basse, après de nombreuses critiques sur le vide législatif qui encourage l'impunité dans le royaume.

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BANGKOK 27 janvier 2023 11:50
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