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BANGKOK 25 August 2019 09:44
Le Modérateur

Abou Sayyaf exécute le Canadien Robert Hall

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Le Canadien Robert Hall, retenu en otage depuis septembre 2015 par le groupe Abou Sayyaf aux Philippines, a été exécuté lundi.

Radio-Canada avec La Presse Canadienne

Abou Sayyaf a annoncé la mort de l'homme de 50 ans après qu'un ultimatum qu'il avait fixé pour le versement d'une rançon de plusieurs millions de dollars eut expiré à 15 h, heure locale. Des sources à Jolo, l'île où est basé le groupe extrémiste, et au sein des autorités philippines, ont confirmé l'information à Radio-Canada.

Le président des Philippines, Benigno Aquino, a confirmé que le Canadien avait été décapité par Abou Sayyaf et en a profité pour condamner ce « meurtre brutal et insensé ».

Le premier ministre Justin Trudeau s'est dit « profondément attristé et indigné ». 

Robert Hall avait été enlevé le 21 septembre 2015, en même temps que le Canadien John Ridsdel. Ce dernier a également été exécuté en avril dernier, après l'expiration d'un ultimatum.

Originaire de Calgary, Robert Hall était un retraité qui avait décidé de tout vendre, il y a un an, pour s'acheter un voilier et voyager. C'est à bord de son bateau qu'il s'était rendu à l'Ocean View Samal Resort, à environ 1000 kilomètres au sud de Manille, où il a été kidnappé.

On ne sait pas ce qu'il en est des deux autres otages kidnappés au même moment que les deux Canadiens, soit la conjointe de M. Hall, Teresita Flor, une Philippine de 40 ans, et le Norvégien Kjartan Sekkingstad.

Selon nos informations, aux moins deux membres des forces spéciales canadiennes avaient été envoyés aux Philippines pour prêter main-forte aux autorités sur le plan logistique. Ils n'étaient cependant pas actifs sur le terrain

 

La famille Hall a fait preuve d'une grande force de caractère, et sa résilience dans ces circonstances terribles est admirable. La disparition de M. Hall est affligeante pour sa famille et le pays tout entier les accompagne dans le deuil.

Justin Trudeau

« Le Canada tient le groupe terroriste qui a pris M. Hall en otage entièrement responsable de ce meurtre insensé, commis de sang-froid », a poursuivi le premier ministre. « Nous sommes plus déterminés que jamais à travailler avec le gouvernement des Philippines et nos partenaires internationaux afin de trouver les responsables de ces actes haineux et de les traduire en justice, peu importe le temps que cela prendra. »

« Le terrorisme est un fléau à travers le monde. Trop de familles ont vécu la douleur indescriptible que ressent aujourd'hui la famille Hall en raison de ces gestes insensés et haineux », a-t-il ajouté.

Justin Trudeau avait préalablement transmis ses condoléances à la famille et aux amis de M. Hall, en demandant aux médias de respecter leur vie privée. « Ils ont subi une perte terrible, et ils traversent en ce moment une épreuve douloureuse. Nos pensées les accompagnent tandis qu'ils pleurent cette tragédie », avait-il déclaré dans un communiqué.

Pas question de payer une rançon

Le premier ministre Trudeau a par ailleurs réitéré qu'il importe de ne jamais payer de rançons aux groupes terroristes dans de telles circonstances, comme il l'avait fait lors du sommet du G7, le mois dernier, au Japon. Ces prises d'otages, dit-il, « ne font qu'alimenter la violence et l'instabilité », a-t-il répété lundi.

Le Canada ne peut absolument pas se permettre de verser des rançons aux terroristes, et faire ainsi du drapeau canadien et des plus de 3 millions de Canadiens à l'étranger qui le portent des cibles.

Justin Trudeau

Son ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, assure pour sa part que cette politique est la bonne pour deux raisons.

« La première, c'est que si on verse des rançons, on ne fait que donner plus de ressources aux groupes terroristes pour perpétrer encore plus d'enlèvements de ce genre. Et la deuxième, c'est que si on envoie le message que c'est payant de rançonner les Canadiens, ça va simplement mettre les Canadiens en danger partout dans le monde. »

Il faut au contraire envoyer le message que le Canada ne fait pas ça [verser des rançons], donc qu'il n'y a pas intérêt pour ce genre de ravisseurs à enlever des Canadiens.

Stéphane Dion

Le chef de la diplomatie canadienne assure que le Canada « n'a rien négligé » dans ses efforts pour faire libérer M. Hall. « On a travaillé de concert avec les autorités philippines et d'autres alliés. Mais pour des raisons de sécurité, je ne peux pas donner de détails, parce que c'est loin d'être fini », a-t-il affirmé.

« Il y a d'autres otages, même s'ils ne sont pas Canadiens. Et on travaille tous ensemble. Un otage est un otage. Bien sûr, on a plus de responsabilités envers nos concitoyens, mais on est solidaires de tous les otages du monde », a ajouté M. Dion. 

Le groupe Abou Sayyaf

Abou Sayyaf est né d'une ramification, au début des années 1990, d'un autre groupe d'insurgés, le Front Moro islamique de libération. Son but allégué est l'instauration d'un État islamique régi par la charia dans la partie sud de l'archipel.

En pratique, toutefois, l'organisation séparatiste utilise surtout le terrorisme pour financer son action politique. Ses pratiques comprennent surtout les enlèvements contre rançons, la guérilla, les bombardements et les décapitations.

Abou Sayyaf a des liens avec Al-Qaïda et est considéré comme une organisation terroriste par les gouvernements du Canada, des États-Unis, de l'Australie et du Royaume-Uni, notamment.

(Avec PC)

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http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/international/2016/06/13/002-execution-canadien-robert-hall-abou-sayyaf-philippines.shtml

 

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