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La belle réussite des Laotiens en France

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La belle réussite des Laotiens en France

« Je ne regrette pas le chemin de l'exil »

Philippe CHAUVIN Mercredi 13 juillet 2016
« Je ne regrette pas le chemin de l'exil »
S'arrêter à « Rôtis épices paysans » , c'est l'assurance d'un moment savoureux. Viviane et son fils Nicolas servent les clients pendant que Thierry fait tourner la rôtissoire (PhCh)
 

Pour les Saint-Laurentais qui fréquentent régulièrement le marché, le mercredi ou le samedi matin, Viviane, son mari Thierry et son fils Nicolas Yang, ce sont avant tout des sourires. Les sourires que procurent les parfums qui exhalent de leur camion-rôtisserie et ceux qu'ils accordent à leurs visiteurs.

Thierry, en chef de famille, n'est jamais avare d'une plaisanterie pendant que Viviane est aux petits soins pour chacun de ses clients. Leurs ribs, saucisses et poulets rôtis rencontrent un succès qui ne se dément pas. Et cela suffit à leur bonheur : « Nous n'allons pas sur d'autres marchés que celui de Saint-Laurent, explique Viviane. Le samedi est la journée la plus active. Notre chiffre d'affaires est presque le double du mercredi. »
Pourtant, cette place forte qui est devenue un endroit incontournable des habitudes locales est avant tout la conséquence d'une succession de drames : « Comme beaucoup de Hmongs, nous sommes avant tout des cultivateurs, raconte Thierry. C'est mon père qui a fui le Laos pourchassé par les Khmers rouges. Il nous a d'abord emmenés en France métropolitaine que nous avons sillonnée dans tous les sens dans les années 1980. Un de mes oncles était installé en Guyane. Nous l'avons rejoint et fêté le Nouvel An 1990 à Cacao. Après notre mariage, nous nous sommes installés à Counamama, un secteur rural dépendant d'Iracoubo, pour fonder notre propre exploitation et notre famille. »
Viviane et Thierry ont sept enfants : quatre filles puis trois garçons. « C'est là qu'un soir, des brigands nous ont attaqués et ligotés dans la maison avec deux de mes garçons. Ils ont même pris ma femme et le plus jeune de mes fils en otage puis relâchés seuls dans la forêt. C'est à la suite de ce traumatisme que nous avons décidé d'emménager dans le bourg et de changer d'activité. »
« FIER DE CETTE RÉUSSITE ET DE LA MIXITÉ DES CULTURES »
Un rebond finalement marqué du sceau du succès. Thierry n'en veut pour autant pas à son pays d'accueil et ne fait pas d'amalgames. Alors qu'il rentre à peine de son pays natal, la nostalgie est loin de s'emparer de lui : « Je ne regrette pas le chemin que j'ai pris. Je ne ressens plus beaucoup d'affinités avec la Laos. Les gens ont continué de vivre sans nous. Nous n'avons presque plus de famille là-bas et si je continue à utiliser ma langue maternelle avec mes enfants, je leur apprends surtout que l'humanité n'a ni couleurs, ni races. Nous sommes parfaitement intégrés et mes enfants fréquentent des compagnes ou des compagnons de toutes les origines. Je suis fier de cette réussite et de la mixité des cultures. »
Une ouverture d'esprit qui conduit sans cesse à de nouveaux projets : « Comme nous sommes bien placés le long de la route nationale à Iracoubo, nous aimerions bien ouvrir un petit point de restauration de qualité pour les voyageurs qui empruntent régulièrement ce trajet, envisage Thierry. » Gageons que de nombreux Saint-Laurentais s'arrêteraient avec bonheur dans la maison de Viviane et Thierry autant pour l'assurance d'un bon repas que pour celle d'un accueil chaleureux.

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