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BANGKOK 12 November 2019 08:13
Le Modérateur

Pagan, « Que personne ne touche aux débris, ils doivent servir à la reconstruction »

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Reportage

Après le séisme, la Birmanie se penche au chevet des pagodes de Bagan.

 

Des murs réduits à néant, des peintures à terre : au lendemain du séisme qui a touché le site touristique de Bagan, dans le centre de la Birmanie, des militaires armés de balais et de sacs plastiques collectaient hier les débris tombés des temples. Ce lieu sacré pour les Birmans est situé à 30 km de l'épicentre du séisme de magnitude 6,8 qui a touché, mercredi, ce pays d'Asie du Sud-Est. Le bilan est de trois morts. Dans la région, trois écoles et un hôpital ont également été endommagés.
Bagan, que la Birmanie espère faire classer au patrimoine mondial de l'Unesco, compte plus de 2 500 pagodes et monuments bouddhistes construits en brique entre les Xe et XIVe siècles. Hier, les 185 pagodes ou monuments bouddhistes endommagés lors du tremblement de terre étaient interdits d'accès aux visiteurs. Le site est l'un des plus touristiques du pays, fréquenté aussi bien par les Birmans que par les étrangers, de plus en plus nombreux dans ce pays sorti récemment de décennies de dictature militaire.
Arrivé sur place dans l'après-midi pour inspecter les pagodes endommagées, le président birman Htin Kyaw a précisé que « le processus de restauration serait long et plutôt coûteux ». Le porte-parole du gouvernement, Zaw Htay, avait indiqué peu avant qu'Aung San Suu Kyi, qui est de facto chef du gouvernement, avait demandé aux autorités de « ne pas se précipiter » pour cette rénovation à venir.
Dans cette plaine verdoyante du centre de la Birmanie, où pointent au milieu des arbres les dômes de milliers de pagodes, les militaires avançaient hier pieds nus – comme le veut la coutume dans les temples bouddhistes – pour ramasser et balayer les débris autour des monuments. Mercredi, à l'heure du séisme, de nombreux touristes étaient présents dans les temples et une Espagnole a été légèrement blessée. « J'ai eu très peur. Quelqu'un a hurlé que c'était un tremblement de terre, je ne savais pas si je devais me mettre au sol », raconte Phyu Phyu Lwin, une touriste birmane présente sur les lieux mercredi. « On nous a dit de sortir, donc j'ai attrapé mon sac et je suis partie en courant. » Khin Maung Toe était lui aussi en train de prier quand la terre a tremblé : « Ma femme est parvenue à fuir in extremis avant qu'une partie de la pagode ne s'effondre. »

Sérieux dommages
À son apogée, Bagan était la capitale d'un royaume puissant et l'un des principaux centres culturels d'Asie.
« Nous devons d'abord mesurer l'ampleur des dégâts. Avant d'établir un plan de rénovation », a expliqué Arkar Kyaw, directeur adjoint du ministère de la Culture. Le gouvernement travaille en coordination avec l'Unesco, qui a déjà déployé des experts sur place. « Il semble que certains monuments soient sérieusement endommagés », a-t-il ajouté, précisant qu'il faudrait du temps pour avoir un tableau complet des destructions. « Nous demandons que personne ne touche aux débris, qui doivent être utilisés pour la reconstruction », a-t-il ajouté.
Déjà touchés par un séisme en 1975, les temples de Bagan ont subi des travaux de restauration très controversés à l'époque de la junte militaire. Depuis 2011 et l'autodissolution de la junte, la Birmanie est en pleine reconstruction. Alors que Bagan est devenu un site touristique majeur, les autorités travaillent avec l'Unesco pour le faire classer.
Phyo Hein KYAW/AFP

 

http://www.lorientlejour.com/article/1003696/-que-personne-ne-touche-aux-debris-ils-doivent-servir-a-la-reconstruction-.html

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