Le Modérateur

Pattaya - la critique du film

1 message dans ce sujet

 

Retour à l’humour décomplexé, voire trash, des Kaira pour Franck Gastambide, qui pousse les gags vers un paroxysme de très mauvais goût, dans cette comédie qui n’est pas faite pour plaire à tout le monde.

L’argument : Franky et Krimo rêvent de quitter la grisaille de leur quartier pour partir en voyage dans la célèbre et sulfureuse station balnéaire thaïlandaise de PATTAYA. Pour pouvoir s’y rendre à moindre coût, les deux amis ont la folle idée d’inscrire à son insu le nain de leur quartier au championnat du monde de Boxe Thaï des Nains. Mais ce qui devait être pour eux des vacances de rêves va se transformer en l’aventure la plus dingue et périlleuse de leurs vies.

Notre avis : Succès surprise au box-office estival, en 2012, avec un million d’entrées, Les Kaira s’amusait des petites frappes des cités avec un esprit totalement libre, une gouaille formidable d’idées et une accumulation de situations exhubérantes à ne pas mettre sous tous les yeux. Une vraie bonne surprise.
Depuis Medi Sadoun, l’une des trois "Kaira", a joué dans Mais qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? et Franck Gastambide a multiplié les seconds rôles drôles. On l’a vu aux côtés de Camille Cottin dans Toute Première Fois. Quant à Jib Pocthier, dit le "nain" dans le premier film, on le reverra en 2016 dans Les Visiteurs : La révolution. Un autre acteur de petite taille lui succède, Anouar Toubali. Choix curieux, puisque officiellement Pattaya n’est pas une suite des Kaira.
pattaya_5-a46ae.jpg(C) Gaumont Distribution
Pattaya peut donc se lire, dans sa réitération d’un trio avec morceau de nain à l’intérieur, comme une tentative de répéter le succès culte des Kaira sans y apposer la facilité d’un titre avec un numéro, et surtout sans le cast original. Le personnage un peu simplet jadis joué par Gastambide a retrouvé le bitume des banlieues chaudes, mais a changé de nom. L’ancien personnage se maquait à la fin des Kaira ; ici il se sépare en début de Pattaya... Presqu’un fil conducteur qui permet d’entrer très vite dans l’intrigue où l’on retrouve la patate, l’énergie et la fougue d’une nouvelle troupe de comédiens qui poussent le verbe de banlieue le plus loin possible. Avec Ramzy et Gad Elmaleh (méconnaissable en gourou halluciné) en second rôle de poids, on navigue en territoire connu, même si l’humour un peu vicelard des quartiers s’exporte très vite au paradis des racailles, en Thaïlande , à Pattaya, sur la baie de Bangkok. A l’instar de Babysitting, le concept mise sur le changement de décor et la carte assumée de l’exotisme.
pattaya_3-afac1.jpg
(C) Gaumont Distribution
Pour conserver l’équilibre narratif du trio qui brillait d’une synergie indéniable dans les rapports ambigus entretenus entre chacun, Gastambide, en sosie de Vin Diesel, a convié son pote Malik Bentalha pour combler l’absence de Sadoun. Choix judicieux, le jeune humoriste ne craint pas le ridicule de situations qui convoquent le politiquement incorrect à outrance : humour anti-gros, anti-nain, anti-tout, en fait. Le but est de susciter un tsunami de gags excessifs, jusque dans l’inévitable éclat de pipi caca qui clôt le métrage dans le flot et non l’éclaboussure.
Avec son scénario nanardesque - le nain de cité, se confronte sur le ring, en Thaïlande, à des nains ninjas, contraint à la baston mortelle par ses deux nouveaux potes qui ont profité de sa crédulité pour répondre à une annonce de combats suspecte afin de partir en catégorie gratos dans ce paradis de luxure, où les femmes ont souvent une saucisse entre les cuisses -, le délire part souvent dans tous les sens. L’outrance et le grotesque peuvent émousser la portée de l’humour volontairement bêta et gentiment méchant, mais in fine, l’esprit Kaira demeure, et rien que pour ça, il serait dommage que les fans s’en privent. Pour les autres, l’abstention sera le meilleur des remèdes.

 

source : http://www.avoir-alire.com/pattaya-la-critique-du-film

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

BANGKOK 14 décembre 2019 19:51
Sponsors