Le Modérateur

Dans le sud-est de la Birmanie, les États Karen et Môn déploient bien des trésors.

1 message dans ce sujet

Dans le sud-est de la Birmanie, les États Karen et Môn déploient bien des trésors.

C'est une autre Birmanie. À mille lieues de l'afflux touristique vers Mandalay, Bagan et l'effervescente Rangoon. Une Birmanie longtemps coupée du monde. Situés entre la frontière thaïlandaise et la mer d'Andaman, dans le sud-est du pays, les pays Môn et Karen se dévoilent depuis peu au voyageur. Et pour cause, ces deux minorités ethniques, malgré la signature de cessez-le feu, subissent toujours les exactions du régime birman et continuent de réclamer leur indépendance depuis 1948. Rebelles, les paysages le sont aussi. Rizières, forêts de tecks et plantations d'arachides ne s'interrompent que pour laisser entrevoir un mont karstique, le majestueux fleuve Salouen ou les innombrables stupas dorés. Car c'est bien Bouddha qui rythme ici le temps et les saisons. Familles, amis ne manquent jamais une occasion de se retrouver à la pagode pour refaire le monde. Parfois même, on pique-nique à même le sol ou on révise ses leçons dans la fraîcheur du temple. Et on prie, bien sûr, dans des lieux de culte isolés, où croyances et légendes détrônent peu à peu la réalité.

Par Victoria Gairin

 

2762479lpw-2762498-jpg_3335319.jpg Au pied du mont Zwegabin, le jardin de Lumbini, planté de 1 100 bouddhas alignés. © DR

 

 

Moulmein, l'indolente

L'écrivain britannique Rudyard Kipling y aurait été ébloui par la beauté d'une jeune Birmane et lui dédia son poème « Mandalay ». George Orwell, qui y fut officier dans la police impériale en 1926, en garda un souvenir ému. Difficile en effet de résister au charme décati de ce qui fut la capitale de la Birmanie britannique de 1827 à 1852. Comme si le temps s'était arrêté, la frénésie de la grande époque de l'exportation du teck a laissé place à une langueur assumée. Même le fleuve Salouen – loué quant à lui par Somerset Maugham –, qui prend sa source sur le plateau tibétain, ne semble pas pressé de rejoindre la mer d'Andaman. Derrière les étals du marché, les hommes mâchent le bétel en attendant l'heure de la procession sur la colline des Pagodes. Autour d'eux, les anciennes demeures coloniales aux couleurs défraîchies se laissent peu à peu envahir par une étonnante végétation. On ne s'étonnera pas que la ville abrite aussi le plus grand bouddha couché du monde. Win Sein Tawya, allongé de tout son long sur son flanc droit, mesure près de 180 mètres…

 

 

2762479lpw-2762518-jpg_3335320.jpg Win Sein Tawya, le plus grand bouddha couché du monde (180 mètres de long), situé à Moulmein. © DR

 

 

Ascension mystique

L'aventure commence dans les camions-bus, au pied du mont Paung Laung. Serrés contre de jeunes pèlerins amateurs de selfies, les moines prient pour qu'il ne pleuve pas en route. À chaque virage, sur le chemin escarpé et pentu qui mène au sommet, on s'attend à le voir sortir de la brume. Mais le Rocher d'or se mérite : une fois arrivé là-haut, il faudra encore une bonne heure de marche pour atteindre le sanctuaire recouvert de feuilles d'or, comme posé au bord du précipice dans un halo vaporeux. Avec la pagode Shwedagon, à Rangoon, et le mont Popa, près de Bagan, le Rocher d'or, situé dans l'État Môn, à 170 kilomètres à l'est de la capitale, est l'un des sites les plus sacrés du bouddhisme birman. Selon la légende, le rocher-stupa aurait été installé là par deux nats (esprits) il y a deux mille cinq cents ans, et doit son équilibre précaire au positionnement d'un cheveu du Bouddha dans le pagodon qui le chapeaute. À la nuit tombée, alors que les pèlerins disposent les offrandes et les encens sur les autels sacrés, la flamme vacillante des cierges révèle toute la spiritualité du lieu. Dans la lumière pourpre, les pèlerins psalmodient et méditent jusqu'au petit matin.

 

 

2762479lpw-2762560-jpg_3335321.jpg Le fleuve Salouen, « fleuve nu », qui inspira Somerset Maugham, prend sa source sur le plateau tibétain. © DR

 

 

Vue sur le Zwegabin

Au Hpa-An Lodge, toutes les terrasses sont orientées vers le mont Zwegabin, qui s'élève au-dessus des rizières. Les sportifs n'hésiteront pas à grimper jusqu'au sommet (723 mètres), qui abrite un petit monastère et offre une vue panoramique sur la vallée du fleuve Salouen. Les autres se contenteront de l'admirer d'en bas, où veillent 1 100 bouddhas, parfaitement alignés dans une nature luxuriante. Ouvert il y a tout juste un an, le lodge a été imaginé par l'architecte français François Jacquey, en pyinkado – un bois extrêmement solide, proche du teck –, dans le plus pur respect du style karen et avec le concours de la population locale. Les 18 cottages et la piscine d'eau salée en pierre de lave se fondent parfaitement dans la jungle environnante. Le matin, on enfourche un vélo pour rejoindre le marché de Hpa-An, où fourmillent musulmans indiens, Karens et Birmans. Et, au crépuscule, on se laisse envoûter par la magie des chants bouddhistes de la pagode Kyauk Ka-Lat, construite sur un piton rocheux dans un décor à couper le souffle.

 

 

2762479lpw-2762621-jpg_3335322.jpg Le Rocher d’or de Kyaiktiyo, situé dans le Mon, est l’un des hauts lieux de pèlerinage bouddhistes. Selon la légende, ce rocher aurait été placé à cet endroit par deux esprits il y a 2 500 ans. © DR

 

 

À partir de 193 € la nuit dans un cottage (2 ou 3 pers.), www.hpa-an-lodge.com

 

Y aller

Marco Vasco. Présent dans plus de 50 destinations en Asie, en Afrique, en Océanie, dans les Amériques et les îles de l'océan Indien, le spécialiste du voyage sur mesure sur Internet propose un circuit « Découvertes en pays Môn et Karen » de 7 jours/6 nuits, à partir de 1 995 €/ pers., vols, transferts, nuits en hébergements de charme avec petit déjeuner, visites, chauffeur et guide privatif francophone inclus, www.marcovasco.fr

Paris-Rangoon. Avec Vietnam -Airlines, 4 vols par jour via le Vietnam, à partir de 749 € l'A/R, www.vietnamairlines.fr

Dormir

Governor's Residence. Dans les années 20, le gouverneur britannique, qui habitait cette superbe bâtisse en teck entourée d'un étang, y recevait le gotha de l'ethnie Kayah. Aujourd'hui, on apprécie le charme et la quiétude des jardins et le luxe colonial de ses 48 chambres. À partir de 276 € la nuit, www.governorsresidence.com

Kandawgyi Palace Hotel. Situé sur le lac Kandawgyi, offrant une vue imprenable sur la pagode Shwedagon, il reste l'un des établissements les plus huppés de Rangoon. Très belles chambres et jolie terrasse au bord de l'eau. À partir de 230 € la nuit, www.kandawgyipalace-hotel.com

 

source : http://www.lepoint.fr/voyages/birmanie-le-temps-suspendu-24-01-2016-2012314_44.php

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

BANGKOK 14 juillet 2020 06:10
Sponsors