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BANGKOK 17 October 2019 20:01
Le Modérateur

Alerte Big Brother : la Chine veut donner à tous ses citoyens une note

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Le Parti communiste chinois veut donner une “note de confiance” à ses citoyens, basée sur la collecte de leurs données personnelles. Orwell, reviens !

par Thibault Prévost

Les dirigeants du Parti communiste chinois sont probablement de gros fans de Black Mirror : c’est l’explication la plus plausible à l’initiative annoncée par le parti au pouvoir fin septembre, qui prévoit l’instauration d’une “note de confiance” donnée à chaque citoyen du pays en fonction de son comportement et qui conditionnera leur accès à certains services comme l’obtention d’un prêt, la possibilité de voyager à l’étranger  ou celle d’envoyer ses enfants dans les meilleures écoles du pays. La liste exhaustives des sanctions, obtenue par le Washington Post, est tout simplement ahurissante, et annonce un virage totalitaire serré pour le futur du régime de Xi Jinping.

Comment, au juste, attribue-t-on une “note de confiance” à tout un chacun ? La réponse tient en deux mots : Big Data. Selon le Washington Post, le parti au pouvoir récolterait, d’ici à 2020, toutes les informations administratives et personnelles de toutes les entreprises et citoyens chinois (le pays compte 700 millions d’internautes), les centraliserait et attribuerait des notes basées sur leur “comportement” légal, social, commercial et – évidemment – politique. Les “bons comportements” seraient récompensés, tandis que les “mauvaises actions”, comme critiquer le Parti ou traverser au feu rouge, auraient immédiatement des conséquences néfastes sur le dossier du transgresseur. Et voilà à quoi ressemble “Internet Plus”, l’avenir de la société numérique chinoise. Ne vous occupez de rien, filez doux, continuez de passer 70 % de votre temps libre sur Internet, et tout se passera bien.

Une expérience-pilote en 2010

Si l’initiative donnerait envie à n’importe quel lecteur de 1984 de s’enfuir en hurlant loin du regard impitoyable de ce Big Brother tout droit sorti de l’armoire à trophées du stalinisme, il faut néanmoins se rappeler à quel point le gouvernement a fait de la lutte contre la fraude son obsession. En 2015, rappelle le site Canvas 8, le caractère de l’année était ainsi 廉, qui signifie “incorruptible”. En 2014, écrit China Daily, le total des PIB des différentes provinces du pays excédait ainsi le PIB national de 800 milliards de dollars, et les responsables politiques locaux ont même admis, en 2015, avoir falsifié les chiffres de la croissance.

Ce type d’initiative, aussi inédite qu’elle semble, n’est pourtant pas nouvelle pour le gouvernement : en 2010, le Parti testait déjà un système de classement des citoyens dans la province du Jiangsu, qui distribuait des bons points à chaque citoyen (avec un maximum de 1000), tandis que des infractions mineures coûtaient 20 à 50 points. Plus inquiétant, certaines de ses infractions concernaient la vie privée, comme l’appartenance à un culte ou la fait de délaisser ses parents. Selon les notes, les citoyens étaient classés en quatre rangs, de A à D, les derniers étant exclus de tout poste de fonctionnaire ou d’aides sociales.

Face à la protestation générale, la province a depuis fait machine arrière – enfin, uniquement sur le système de rangs. En 2015, déjà, le gouvernement annonçait des plans pour instaurer un système de “crédit social” autour d’une base de données centralisée. Baihe, le site de rencontres le plus utilisé de Chine, s’était même associé avec Sesame Credit, la division financière d’Alibaba, pour promouvoir les utilisateurs ayant une bonne “note de crédit”. Rien de plus sexy que la solvabilité financière, surtout à Gattaca.

Un an plus tard, le gouvernement réaffirme donc sa volonté de faire rentrer ses citoyens dans le rang. Avec trop d’impatience, visiblement, pour le faire dans le cadre du processus démocratique. Mais outre les évidents problèmes éthiques, politiques et légaux que l’instauration d’un tel système sous-entend, la question de la cybersécurité  s’invite dans le débat. Pour un hacker, l’idée d’une base de donnée centralisée contenant les données personnelles d’un milliard d’individus tient du rêve érotique, d’autant que ces données sont convoitées au marché noir. En plus d’être fliqués à chaque instant de leur vie par un gouvernement inquisiteur, les Chinois de la décennie à venir risquent de voir leur données exposée en vente libre. Pendant ce temps-là, George Orwell vient de faire un triple double piqué dans sa tombe.

 

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/alerte-big-brother-chine-systeme-credit-citoyen-note/

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il y a une heure, Le Modérateur a dit :

qui conditionnera leur accès à certains services comme l’obtention d’un prêt, la possibilité de voyager à l’étranger  ou celle d’envoyer ses enfants dans les meilleures écoles du pays.


On sourit, s'émeut ou se révolte sur ces pratiques chinoises, mais n'est-ce pas déjà en place en Occident depuis bien longtemps ?

Lorsque vous ouvrez un compte en banque, vos données sont enregistrées et chaque transaction alimente une base de données. Si vous êtes mauvais payeur ou que votre compte est régulièrement "dans le rouge", vous êtes fiché : FCC, FNCI, FICP et autres listes non-dévoilées ou non-officialisées.
Essayez donc de demander un prêt si vous n'êtes pas un client modèle de votre banque...

Possibilité de voyager à l'étranger : en Occident, ce n'est pas la "possibilité" qui est mise en avant, mais "l'interdiction"... ce qui est du pareil au même.

Choisir l'école de ses enfants... avez-vous déjà essayé d'inscrire votre enfant dans une école privée ? Connaissez-vous les conditions pour entrer aux "grandes écoles" ?... et même certains lycées parisiens n'acceptent pas les enfants de monsieur "tout le monde"...

Et il n'y a pas que ces listes : infractions au code de la route, casier judiciaire (même les mains courantes sont maintenant informatisées), les DVDs que vous louez, le vin que vous achetez ches Auchan toutes les semaines et bien d'autres... (en fait, chaque fois que vous utilisez carte bleue ou de crédit ou entrez vos noms et adresses sur le net ou pour la carte de fidélité franprix, vous faites votre entrée dans une liste.

Et il n'y a pas qu'en France que ces listes existent.
En Allemagne, par exemple, vous êtes même fiché selon votre religion ! Un impôt(la Kirchensteuer) est prélevée automatiquement de votre salaire et le montant est versé à l'église que vous avez renseigné. Et gare à vous si vous ne payez pas l'impôt au culte que vous pratiquez : vous et votre famille ne pourrez "profiter" de leurs services (marriage, enterrement etc).

Ouh! Qu'ils sont vilains ces chinois...

 


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