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Une place au soleil d’Asie pour le football africain

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Le joueur sud-africain Shane Booysen sur le terrain du Phnom Penh Crown Football Club, en octobre 2016.

« Quand on m’a proposé de jouer au Cambodge, je ne savais même pas où se trouvait ce pays. » Shane Booysen s’amuse encore du joli dribble qu’il vient de faire à sa carrière. A 27 ans, ce joueur sud-africain a longtemps rêvé d’évoluer en Europe ou dans son équipe nationale

Au lieu de cela, il s’est retrouvé à Bangkok, en Thaïlande, puis dans la capitale cambodgienne, où il évolue depuis 2015 comme ailier droit du leader de la Ligue 1 du royaume, le Phnom Penh Crown Football Club. En quelques mois, il est devenu la grande star du football cambodgien. Le gouvernement vient même de lui proposer de le naturaliser pour lui permettre de jouer dans l’équipe nationale.

Mais avant de devenir le premier Africain à avoir la nationalité cambodgienne, Shane Booysen doit d’abord prendre ses marques dans un championnat encore très loin du niveau de la Chine, de la Corée du Sud et du Japon. Trois pays qui dominent le football asiatique et attirent donc les plus grandes pointures du football mondial, notamment africaines.

« L’assurance d’avoir du spectacle sur le terrain »

Alors qu’en Afrique il est très difficile de se faire une place au soleil tant le nombre de joueurs talentueux est important, dans certains petits pays d’Asie qui s’ouvrent à peine au monde du ballon rond, comme le Cambodge, la Birmanie ou le Vietnam, les joueurs du continent ont leur place. « Ce sont des joueurs plus physiques, ils apportent beaucoup au championnat, explique un entraîneur. Nous n’avons pas ce genre de joueurs ici. C’est l’assurance d’avoir du spectacle sur le terrain. Ça donne de la valeur à la compétition. Avant leur arrivée, les stades étaient toujours vides. Aujourd’hui, tous nos matchs du championnat sont diffusés à la télévision. »

 

« C’est en Asie qu’il faut aller, assure Shane Booysen. C’est ici que se trouve l’avenir du football. C’est ici qu’il y a encore de l’argent. En Europe, il n’y a plus de place pour des joueurs de mon niveau et, en Afrique, c’est très difficile de gagner sa vie en jouant au ballon. Pour s’en sortir, je dis à mes amis footballeurs africains : “Venez tenter votre chance ici !” »

Pendant longtemps, seuls les joueurs nigérians évoluaient au Cambodge. Ils étaient plus d’une cinquantaine dans le championnat. Aujourd’hui, ils sont deux fois moins nombreux. « Les joueurs du Nigeria ont très mauvaise réputation, explique Andy Bouwer, un journaliste britannique spécialiste du football local. Il y a quelques années, ils débarquaient par dizaines à Phnom Penh. Il y avait même une filière occulte entre des centres de formation africains et le Cambodge. Des agents véreux faisaient venir des joueurs en leur promettant des fortunes. Au lieu de cela, ils devaient s’endetter pour financer leur voyage et se retrouvaient ensuite abandonnés ici, sans club pour les accueillir, sans argent et sans visa. »

 

Long mais passionnant article du Monde à lire ici

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/10/26/une-place-au-soleil-d-asie-pour-les-footballeurs-africains_5020801_3212.html

 

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BANGKOK 12 août 2020 08:48
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