Aller au contenu
BANGKOK 25 August 2019 01:00
Le Modérateur

« Jamais nous n’avions vu un tel niveau de cruauté » Grand dossier Rohingya dans Le Monde

Recommended Posts

Oui, c'est répétitif mais il ne faut pas les laisser tomber.

Ce jour, Le Monde consacre 4 articles à lire sur leur site. Voici les accroches et les liens.

Par Bruno Philip

 

« Jamais nous n’avions vu un tel niveau de cruauté » : en Birmanie, le supplice des Rohingya

Des dizaines de milliers de civils de la minorité musulmane fuient les exactions de l’armée birmane.

 

Des réfugiés rohingya parviennent au camp de Kutupalang, après avoir traversé la frontière birmano-bangladaise, le 21 novembre. Des réfugiés rohingya parviennent au camp de Kutupalang, après avoir traversé la frontière birmano-bangladaise, le 21 novembre. MOHAMMAD PONIR HOSSAIN / REUTERS

Elles sont pressées l’une contre l’autre dans la hutte d’une ruelle du camp bidonville de Kutupalang, dans le sud du Bangladesh. D’abord on les voit à peine : l’une est pétrifiée, assise dans l’ombre, à même le sol de terre battue, l’autre est accroupie derrière la légère porte de bambou qui les dissimule au regard extérieur. On ne les entend guère non plus, elles chuchotent. Nour Nahar, 20 ans, châle rouge à fines bandes noires, et Kurshida Begum, 25 ans, châle jaune bouton d’or, viennent d’accepter de raconter en toute discrétion une histoire qui ressort généralement de l’indicible.

Les deux femmes sont des musulmanes rohingya, une population vivant dans le nord de l’Arakan, un Etat de l’ouest de la Birmanie. Des dizaines de milliers de Rohingya ont fui depuis deux mois et demi au Bangladesh, après le déclenchement d’une « opération de nettoyage » militaire censée pourchasser des insurgés musulmans. Mais les civils font aussi les frais de ces razzias d’une rare violence.

Nour Nahar prend la parole en premier, filet de voix qui monte avec peine de sa silhouette figée sur le fragile mur de bambou tressé. « C’était le 10 décembre. Les soldats sont arrivés tôt le matin dans mon village de Poakhali. Ils ont mis le feu à la maison. Je me suis échappée avec mes deux enfants, mon fils, Mohammed Salim, 4 ans, et ma fille, Nour Kayos, un an et demi. Puis les soldats m’ont attrapée et m’ont emmenée dans la pièce d’une autre maison. Ils étaient quatre. Ils m’ont violée à tour de rôle. Ensuite, ils ont attrapé mes enfants. Je les ai vus les maintenir, leur...

 

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/01/04/jamais-nous-n-avions-vu-un-tel-niveau-de-cruaute-en-birmanie-le-supplice-des-rohingya_5057284_3216.html

 

++++++++++++++++

 

Birmanie : une haine contre les Rohingya qui remonte à l’époque coloniale

Les Anglais ont encouragé au XIXe siècle les populations musulmanes du Bengale oriental à s’implanter dans l’Etat de l’Arakan.

Depuis l’indépendance de la Birmanie, en 1948, les Rohingya font face à une discrimination constante. Une loi promulguée en 1982, quand la junte militaire était encore au pouvoir, a eu pour conséquence le renforcement de leur marginalisation et l’ancrage « légal » du déni de nationalité qui fait de la plupart d’entre eux des individus sans identité. On évalue leur nombre en Arakan à quelque 1,3 million. Ils sont environ un autre million en exil.

Depuis de violentes émeutes entre Rohingya et Arakanais bouddhistes, en 2012, qui avaient fait plus de 200 morts, une centaine de milliers de ces musulmans sont parqués dans des camps de déplacés près de la capitale arakanaise de Sittwe. Interdits de séjour dans cette ville où ils formaient il y a encore cinq ans une importante communauté.

 

Le terme même de Rohingya est contesté et son utilisation est politiquement connotée. Il aurait été pour la première fois mentionné en 1799 par un géographe et botaniste écossais, Francis Buchanan-Hamilton : un peuple nommé « Rooinga » vit dans le nord de l’Arakan, écrivit-il. Il a ensuite disparu pour n’être réutilisé qu’à partir des années 1970 par des activistes « rohingya » désireux de forger une identité ethnique singulière. Et de contrer ainsi le terme de « Bengali » dont se servent, presque comme une injure, les Bamars, l’ethnie principale de Birmanie, pour désigner cette population musulmane effectivement originaire du Bengale. Pour les militants de la cause des Rohingya, ces derniers auraient cependant des origines plus complexes, qui pourraient être aussi persanes, turques, arabes, pachtounes…

 

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/01/04/birmanie-une-haine-contre-les-rohingya-qui-remonte-a-l-epoque-coloniale_5057497_3216.html

 

++++++++++++++++++++++

 

Birmanie: « La solution n’est pas dans un encouragement au néonationalisme rohingya »

Il faut lutter contre la persécution de cette minorité musulmane de Birmanie sans toutefois endosser le discours néo-nationaliste de ses leaders, explique l’historien Jean-Louis Margolin.

 

Par Jean-Louis Margolin, maître de conférences à Aix-Marseille Université, chercheur à l’Institut de recherches asiatiques

De nouvelles explosions de violence ont remis sur le devant de la scène la question des Rohingya de Birmanie. La cause paraît entendue : une minorité ethnique musulmane non reconnue par son Etat, contrainte au statut d’apatride, et effroyablement maltraitée – le terme de génocide est de plus en plus souvent agité par les ONG et médias occidentaux aussi bien que dans le monde musulman. Le nouveau pouvoir birman, pourtant animé par le Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, accomplirait là par son inaction une véritable trahison de ses idéaux démocratiques.

Que les musulmans de Birmanie subissent depuis des années de graves persécutions ne fait aucun doute. Elles ont fait au total des centaines de morts, et ont dans certains cas pris l’allure de véritables pogroms. Un peu partout, des éléments extrémistes du clergé bouddhiste organisent le boycott des nombreux commerces musulmans.

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/01/04/birmanie-la-solution-n-est-pas-dans-un-encouragement-au-neonationalisme-rohingya_5057609_3232.html

 

 

+++++++++++++++++++++++++

 

Birmanie : Aung San Suu Kyi, l’icône démocrate, silencieuse face à l’armée

Indifférente ou impuissante, la Prix Nobel de la paix, première ministre de facto du pays depuis avril, a peu réagi à la répression anti-Rohingya.

Bruno Philipp

 

Même les critiques les plus acerbes d’Aung San Suu Kyi n’auraient pas anticipé un tel scénario : celle qui fut l’un des symboles les plus révérés de la lutte universelle pour les droits de l’homme et la démocratie, cette Lady naguère assignée à résidence pendant quinze ans par une junte militaire, punie pour son obstination à conduire son pays sur les chemins de la liberté, se mure aujourd’hui dans le silence. Au moment où l’on serait en droit d’attendre qu’elle mette en accord sa parole de femme politique avec ses idéaux d’ex-dissidente.

Aung San Suu Kyi, dont les fonctions de ministre des affaires étrangères et de conseillère d’Etat font d’elle un premier ministre de facto, est-elle incapable, impuissante ou peu désireuse de se confronter aux militaires et de dénoncer les horreurs perpétrées par les forces de sécurité contre les musulmans rohingya de l’Arakan ? Peut-être les trois à la fois…

 

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/01/04/aung-san-suu-kyi-l-icone-democrate-silencieuse-face-a-l-armee_5057402_3216.html

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Sponsors
×