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Du rouge à lèvres contrefait, de Thaïlande, pour maman !

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Un Vendômois avait importé de Thaïlande 3.600 € de produits de beauté contrefaits pour sa mère, ce qui a laissé sceptique le tribunal.

 

Tribunal correctionnel de Blois

Il a un cœur gros comme ça Vong. Ce Vendômois de 36 ans ne lésine pas quand il s'agit de gâter sa mère. Lorsque le président du tribunal lui demande ce qu'il allait faire avec 3.600 € de produits de beauté importés de Thaïlande dont une centaine de rouges à lèvres de marques de luxe, il assure avoir voulu faire plaisir à sa maman, une « femme coquette », à peine remise d'une vilaine maladie. Petit sourire en coin, le président Denys Baillard apprécie la noblesse de cœur du prévenu, mais sourcille sur le rapport un tantinet démesuré entre le bien-être maternel et la quantité des produits achetés. « Faire plaisir à ce niveau d'importation… », lâche le juge un brin sceptique. Vong se reprend : « Enfin c'était aussi pour la famille, les amis et un petit peu pour la revente. »

Des produits de marque contrefaits

Le hic c'est que le colis de 14 kg, intercepté par les douanes à l'aéroport de Roissy, ne contenait que des produits contrefaits de marque Chanel, Dior, Lacoste, Nike… Et pas que des sticks qui colorent joliment les lèvres des mamans fatiguées, mais aussi des brosses chauffantes et des chaussures. « J'étais très naïf, je le reconnais, je suis allé sur un site connu pourtant, on m'a dit que les produits provenaient des usines des fabricants. » Le président s'amuse à de petites conversions en monnaie thaïlandaise « Les rouges à lèvres étaient au prix de 38 bahts, soit un euro environ, vous avez déboursé 450 € en tout. Or, un rouge à lèvre de luxe vaut 35 € en moyenne… la contrefaçon ça vous parle ? » Vong avoue s'en mordre les lèvres aujourd'hui.
Seule la maison Dior (LVMH holding) réclame des dommages et intérêts. Le géant du luxe met en avant la perte de son chiffre d'affaires, le préjudice de son image et réclame 2.300 € de dédommagement. Pragmatique, Christian Magret, le substitut du procureur, s'interroge, au-delà de l'anecdote, sur les dégâts de la contrefaçon : « Elle détruit des emplois et pose des questions de santé publique. Il n'y a plus les processus de vérification des normes sanitaires quand on sait combien les cosmétiques peuvent être allergènes ! » Le magistrat explique alors que le prévenu n'est pas passé loin d'une sanction de luxe puisque les amendes douanières ont un effet multiplicateur. Non pas à partir de la somme déboursée, mais sur la valeur réelle des objets sur le marché. « En droit pénal on n'en a pas le droit, alors je demande 30 jours-amende à 30 euros. »
Le tribunal a suivi les réquisitions, mais en les révisant à la baisse. Vong devra à la justice 30 jours amende à 20 euros et 800 € de préjuduce à LVMH. Resté ébahi par la possible nocivité des rouges à lèvres, Vong rétorque : « Oh là là, si j'avais donné ça à ma mère et que ça lui ait fait du mal… »Un bon fils tout de même.

 

http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2017/01/30/Du-rouge-a-levres-contrefait-pour-maman-!-2985371

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BANGKOK 17 janvier 2022 23:04
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