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BANGKOK 16 November 2019 01:11
Le Modérateur

Les migrantes obligées d'abandonner leurs bébés dans les maternités de Phuket

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Migrante birmane enceinte (en rose) Photo Pratch Rujivanarom

La Thaïlande a une loi très favorable aux étrangers en besoin de soins. Qu'ils soient assurés ou pas, légaux ou pas, ils sont soignés dans les hôpitaux publics. Comme en France... jusqu'en mai 2017.

Sauf à Phuket où la loi ne s'applique pas.

Pire, même les migrantes qui ont pu payer les frais de maternité se voient refuser le certificat de naissance par les autorités.

Récemment, le gouverneur reconnaissait que les fonctionnaires rackettaient les migrants avant de dire le contraire dans la même phrase.

C'est Sumana Pakburawat de l'Action Diocésaine de Phuket qui pointe du doigt ces dysfonctionnements. Le nombre de bébés abandonnés reste faible : 10 par an mais c'est tout de même beaucoup. Imaginez le crève cœur de la mère qui doit quitter la maternité car elle ne peut pas payer et y abandonner le bébé.

Certaines de ses migrantes sont assurées mais les autorités de l'île ne reconnaissent pas leurs droits. Les autres sont trop pauvres pour payer.

Pour obtenir le certificat de naissance, il faut prouver l'identité de... l'employeur et parfois les migrants ne le peuvent pas. Sumana confirme que c'est particulier à Phuket, normalement l'identité des parents suffit.

"Notre organisation travaille d'arrache-pied pour aider les hôpitaux à trouver les parents des bébés abandonnés ne serait-ce que parce sans cela, ces bébés ne peuvent être ni identifiés, ni enregistrés, ils n'auront pas de nationalité, ni de papier d'identité dans le futur : ils n'existent pas! Et on ne parle même pas des raisons morales." ajoute-t-elle.

Parfois, l'association diocèse retrouve de la famille, souvent non.

Sumana cite le cas d'un bébé né le mois dernier qui nécessitait des soins après la naissance, évidemment la mère ne peut pas payer, elle est donc partie en laissant le bébé.

Surapong Kongchantuk, un activiste pour le droit des minorité explique que le bébé est, dans ce cas, confié au ministère des affaires sociales qui le prend en charge (orphelinat) jusqu'à ses 18 ans à moins qu'il ne soit adopté.

Surapong insiste : les hôpitaux ne peuvent pas refuser de prendre en charge gratuitement les indigents surtout s'ils sont dument assurés, au moins  par la couverture universelle. Il rappelle que les soins après la naissance doivent être aussi pris en charge (sous entendu pas seulement l'accouchement) par cette couverture universelle et que les hôpitaux se mettent hors la loi.

Sumana dit que de nombreux migrants viennent la voir car les hôpitaux refusent de donner le certificat de naissance en l'absence de la carte d'identité de l'employeur. Sans ce premier certificat de naissance de l'hôpital, pas de certificat de naissance administratif en Thaïlande. Pas non plus de certificat de naissance administratif dans leur pays : ils n'existent pas.

"C'est ainsi que l'on crée de nombreux apatrides dont le diocèse s'occupe mais on ne peut pas les dénombrer exactement."

Surapong le répète et le répétera : les hôpitaux ne peuvent pas refuser de délivrer un certificat de naissance à quiconque donne la vie. Ils sont hors la loi mais ils s’en fichent.

 

http://www.thaivisa.com/forum/topic/968710-babies-abandoned-by-migrants-in-phuket-due-to-cost-insurance-row/

Cela ressemble à la France du 19ème siècle ou à la Thaïlande du 20ème siècle. Dieu merci, tous ceux qui vivent en Thaïlande savent que cela s'y passe en général très bien : les personnels des hôpitaux font preuve d'une grande compassion vis à vis des migrants. Phuket est un monde à part.

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