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BANGKOK 18 November 2019 14:11
Le Modérateur

A la tête de la Birmanie depuis un an, Aung San Suu Kyi déçoit ses anciens partisans

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Outre son silence sur la répression de la minorité rohingya, l’ancienne dissidente ne semble avoir aucun projet économique pour améliorer le développement de son pays.

Par Bruno Philip

 

Aung San Suu Kyi  à Panglong (est de la Birmanie), le 12 février.

Aung San Suu Kyi  à Panglong (est de la Birmanie), le 12 février. Thein Zaw / AP

« En Birmanie, observe un expert étranger basé à Rangoun, il y a deux pouvoirs : d’un côté, le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, et de l’autre, l’armée. Tous deux fonctionnent de manière indépendante et ne se demandent pas leurs avis sur la conduite des affaires du pays. »

La remarque illustre assez bien la situation du Myanmar, nom officiel de la Birmanie, depuis les élections législatives de novembre 2015, qui ont porté au pouvoir un gouvernement issu de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti de l’ancienne dissidente.

Depuis le 1er avril 2016, cette dernière s’est installée de facto à la tête du pays, après que l’un de ses proches, Htin Kyaw, eut été désigné par le Parlement au poste désormais honorifique de président.

Deux personnages clés monopolisent le singulier théâtre politique birman : d’abord Mme Suu Kyi, 71 ans, qui occupe la double fonction de ministre des affaires étrangères et de conseillère d’Etat, ce qui fait d’elle une première ministre virtuelle. Ensuite, le général Min Aung Hlaing, 61 ans, chef de l’armée et héritier de la junte militaire, qui avait décidé, il y a bientôt six ans, de procéder à sa propre dissolution.

Aucun programme pour la santé ou l’éducation

Alors qu’Aung San Suu Kyi a vu son aura pâlir à l’étranger en raison de son silence sur la terrible répression, dans le sud-ouest du pays, de l’ethnie musulmane des Rohingya par la Tatmadaw, les forces armées birmanes, le bilan de son année au pouvoir est dramatiquement maigre. Voire carrément négatif.

 

La « Lady », célèbre pour son courage dans le passé et son caractère autoritaire aujourd’hui, semble n’avoir aucun projet économique ni vision précise des moyens à mettre en œuvre pour développer l’un des pays les plus pauvres d’Asie. Aucun réel programme dans les domaines cruciaux de la santé et de l’éducation n’a été annoncé.

Et, outre les atrocités commises contre les Rohingya à la frontière avec le Bangladesh, la guerre continue avec plusieurs armées de minorités ethniques dans les Etats Kachin et Shan, près de la frontière chinoise.

Pour autant, à Rangoun, ex-capitale du pays et centre des affaires, l’icône de la démocratie birmane reste populaire, son accession au pouvoir symbolisant malgré tout une transition, aussi chaotique, frustrante et éminemment imparfaite soit-elle.

« La Lady ne dispose pas de la pleine autorité ! »

Son silence à propos des Rohingya,...

LA SUITE

 

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/03/11/a-la-tete-de-la-birmanie-depuis-un-an-aung-san-suu-kyi-decoit-ses-anciens-partisans_5093019_3216.html

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