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Les "begpackers", ces touristes blancs qui font la manche en Asie du Sud-Est

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Les "begpackers", ces touristes blancs qui font la manche en Asie du Sud-Est

 

 

 
En Malaisie ou à Hong Kong, en Thaïlande ou à Singapour, des internautes des pays d’Asie du Sud-Est s’étonnent, images à l'appui, de voir émerger un nouveau phénomène dans leurs pays : des touristes blancs font la manche dans les rues de leurs villes… afin de financer leur voyage. Certains jugent ce comportement étrange, mais d’autres s’indignent carrément de ce manque de respect.

Ils ont hérité du surnom de "begpackers" (un jeu de mot dérivé du terme "backpackers", qui désigne les voyageurs avec de gros sac à dos, le verbe "to beg", qui signifie "mendier" en anglais). Ces jeunes touristes occidentaux ont en général entrepris de longs voyages avec souvent un budget limité et se retrouvent incapables de poursuivre leur route. Et du coup, certains n’hésitent pas à jouer de la musique dans la rue ou à vendre des babioles pour financer la suite de leur voyage en Asie, autour du monde, ou leur billet de retour chez eux.
begpack_2.jpg  
"Je voyage en Asie sans argent. Merci de soutenir mon voyage." Photo prise à Hong Kong et postée par Rama Kulkarni sur le site gal-dem.

Sur ces photos prises à Singapour et publiées sur Twitter par notre Observatrice, on voit deux couples : le premier est assis par terre et vend des cartes postales avec un carton sur lequel est marqué "Support our trip around the world" ["Soutenez notre tour du monde"]. Quant au deuxième couple, il reprend à la guitare et l’harmonica des morceaux des Pink Floyd et des Guns N' Roses avec un carton portant le même message.
 
cartes_postales.jpg  
 
buskers.jpg  
Et quelques mètres plus loin, un couple chante pour financer également son voyage.

"Ceux qui mendient sont vraiment dans le besoin, ils ne le font pas pour quelque chose considéré comme un luxe"

Ces jeunes gens ne semblent pourtant pas être dans le besoin : ils ont un appareil photo sophistiqué, un amplificateur... Une des raisons pour lesquelles la scène n’a pas manqué d’interpeller Maisarah Abu Samah, la jeune Singapourienne qui a pris ces photos :
 
J’ai été très étonnée, c’est la première fois que je vois ça. D’abord, chanter ou vendre des babioles dans la rue est soumis à une réglementation très stricte à Singapour, ce qui rend la chose rare. Ensuite, on voit plutôt ces gens dans le centre-ville et pas dans la station de bus d’un quartier où vivent plutôt des classes moyenne, comme c’est le cas ici. Et puis surtout, je n’avais pas jamais vu des Blancs faire ça !

Pour nous, c’est très bizarre, on ne comprend pas qu’on puisse demander de l’argent aux autres pour voyager. Mendier n’est pas un acte très valorisant, ceux qui le font sont vraiment dans le besoin : c’est pour acheter de la nourriture, payer leur scolarité ou celle de leurs enfants, rembourser des dettes... Mais pas pour quelque chose qui est considéré comme un luxe !

Les voyageurs font aussi la manche sur la toile. Sur Internet s'est développé le phénomène du "travel porn", une mode sur les réseaux sociaux, les blogs de voyage et les émissions télé dont le but est de faire rêver à des destinations du bout du monde. Dans cette tendance, les backpackers étaient en bonne place, se présentant comme les ennemis du tourisme de masse et des voyages organisés. Mais cette image d’aventuriers en quête de nouveaux horizons commence à se dégrader et laisse place à celle d’Occidentaux en mal d’authenticité, qui cherchent à voyager à moindre frais, quitte à passer pour des profiteurs.
 
 

"L'Asie est réduite à un lieu exotique où ce genre d'attitude est tout à fait admis"

suite de ce long article : http://observers.france24.com/fr/20170407-begpackers-ces-touristes-blancs-mendiant-manche-tour-monde-asie-backpackers?

 

 
Article écrit en collaboration avec
 

Sarra Grira

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BANGKOK 03 juillet 2022 12:25
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