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BANGKOK 25 August 2019 01:11
Le Modérateur

Birmanie : Vallée des rubis de Mogok et Saphir Royal Blue de Baw Mar.

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Le voyage au coeur de la vallée des rubis à Baw Mar.

Entre ciel et terre, sur la ligne de crête qui joint Mandalay à Mogok, neuf heures cheminent jusqu’à la « vallée des rubis » à la mine de Baw Mar.

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La route accidentée jonchée de baobabs plusieurs fois centenaires, dévoile un lieu de vie des troupeaux de chèvres, envahi d’enfants, marché ininterrompu des échoppes de fleurs, de fruits, de pâtisseries. Il faudrait mettre des bras aux voitures pour se frayer un chemin dans cette foule.

À la nuit tombée la politique reprend ses droits à la magie de l’innocence.
Aux abords de Mogok, cité 30 ans interdite, tout véhicule est arrêté fouillé, les passagers questionnés.

Un droit de passage est perçu par le guide de l’armée, dont l’assiette varie selon le degré de duplicité de cet indicateur de la junte militaire jadis au pouvoir à Naypidow. Il ne quittera plus les passagers, de jour comme de nuit.
Le guide, qui n’en a que le nom, confie avoir étudié trois mois dans les centres d’éducation de l’armée pour recevoir son accréditation.
Interrogé sur le contenu de cet enseignement il confie : extraction de l’information et législation sur l’exportation des pierres précieuses : l’exportation des minéraux bruts est interdite, le façonnage du brut est assorti d’une taxe de 10%.
Justement, un doute planant sur la photocopie d’un passeport, l’équipage est arrêté et mené au commissariat.
Trois photocopies de chaque passeport étaient nécessaire en sorte que les visiteurs avaient enfreint la loi sur l’accès à Mogok.
Un arrangement doit être passé avec l’officier qui accepte qu’on lui-mène le lendemain les documents manquants amputant ainsi une journée de visite et trois heures de trajet séparant le poste-frontière des mines de Mogok
Arrivés à Mogok la ville semble endormie, ni café ni restaurant tout semble laissé inerte comme il y a 100 ans, comme il y a mille ans. La terre de cuivre roux dévoile en sa chair le paradis minéral arraché à la fournaise infernale du magma.

La Princesse de Mogok.

Au chant du coq, Khin Myint, attend déjà de pied ferme.
Elle distribue aussitôt les ordres pour se débarrasser des contraintes administratives.
La tension entre le guide et notre hôte est palpable.
Déjà l’équipage est emporté sur les chemins qui mènent aux corons des Saphirs.
Point de route, les seuls chemins praticables, ont été creusés par la propriétaire de la mine.
La voiture du guide n’en peut plus, il doit poursuivre à pied.
La jeep se faufile dans la jungle parmi les arbres centenaires, il faut parfois descendre à pied pour franchir les cours d’eau.
La voiture à bout de souffle s’immobilise enfin dans une clairière parmi des maisons de bois. C’est la mine.

Arrivée à la mine.

Le sol scintille déjà de la poussière de rubis et de saphirs qui forme la boue de ces puits.

Les mineurs déjeunent en rond réunis autour d’un poil à charbon.
L’un d’eux, prosterné, fait sa prière à un Allah gentil : les musulmans de Birmanie sont très peu enclins au Djihad, tout au plus prient-ils un génie d’Aladin et leur sourate est « sésame ouvre-toi, dévoile spinelles, corundum, garnet et saphires ».
Quelle que soit sa religion ou sa foi l’on ne mange pas de viande, on est végétalien : pour ne pas fâcher la nature rebelle qui pourrait se révéler avare en joyaux pour un mineur-carnivore. Oeil pour oeil, vie pour vie, gemme pour gemme.
Un autel est dressé, on y fait des offrandes, à Qui voudra bien les prendre, contre une promesse de joyau.

La princesse de Mogok expose : depuis cinq générations sa famille découvre les trésors de Mogok et paye la dîme aux maître qui s’y sont succédés ; anglais, japonais, puis enfin, depuis 30 ans la junte militaire et bientôt qui ? « Au suivant ! », le derniers des derniers maîtres de la Jerusalem des Pierres ne sera jamais qu’un suivant de la chanson de Jacques Brel.
10% sont payés sur chaque gemme pré facettée, au fil d’une discussion hebdomadaire de gré à gré avec l’armée, puis la pierre peut être vendue. A naypidow, lors de la vente aux enchères de l’emporium où sont présentées les pierres d’exception et les acheteurs doivent séquestrer 50.000 euros avant de pouvoir enchérir, puis à Bangkok, Hong Kong, New York, Genève et enfin Paris pour les invendus pour les gemmes un peu ternes, un peu sombres, un peu pluie, un peu atones et sans lumière, un peu belles quand même mais surtout dans les souvenirs.
Le guide ne perd pas un mot de l’exposé.
Un drapeau du parti démocratique trônait aux abords du puits, accusateur.
Le guide jettait un regard d’acier à la princesse de Mogok, qui da dû s’expliquer : Khin Myint est femme avant d’être propriétaire de mine.
Tout comme le leader du parti démocratique Aung Sun Su Kyi, la princesse de Mogok veille sur ses concitoyens.
Elle crée des routes, finance des hôpitaux, construit des maisons aux
mineurs, leur offre une voiture, une mobylette.
Elle interdit de labeur des enfants mineurs.
Pour eux, elle a érigé des écoles à Mogok et imposé l’éducation obligatoire pour les enfants des mineurs.
Aussi, c’est en tant que femme qu’elle aime et respecte Aug Sun Su Kyi, en tant qu’égale.

 

davantage (LONG et passionnant article) http://citizenkane.fr/2016/02/au-coeur-vallee-rubis-mogok-saphir-bleu-royal-birmanie/

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