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BANGKOK 27 June 2019 05:11
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Pêche à la dynamite et drogues menacent les gitans des mers de Birmanie

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Archipel des Mergui (Birmanie) (AFP) 03.07.2017 - 08:45
505acb6c4e8be87e2ac5f4ac8d90e2c231c26e3b Un pêcheur moken saute à l'eau avec une lance pour pêcher, dans l'archipel des Mergui le 8 mai 2017 - AFP
 

Dans les eaux turquoises du sud de la Birmanie, les "gitans des mers" continuent à pêcher en apnée, lance à la main, comme leurs ancêtres. Mais aujourd'hui ne reste qu'un cimetière de coraux brisés où vivent de moins en moins de poissons.

La tribu maritime nomade appelée Moken pratique cette spectaculaire technique de pêche depuis des centaines d'années autour des 800 îles de l'archipel des Mergui, à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande.

La mer a toujours été leur élément et leur moyen de subsistance: les poissons et les crustacés pour se nourrir - et les perles en bonus pour être revendues en échange de fuel et de riz.

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© AFP

Kar Shar, l'un des leaders moken du village de Makyone Galet, le 13 mai 2017

"Quand nous étions jeunes, un père pouvait facilement faire vivre sa famille", se rappelle Kar Shar, l'un des leaders moken du village de Makyone Galet, sur une île de l'archipel, sa pipe à la main devant sa maison faite de tôle ondulée.

Mais petit à petit, leur mode de vie a été bouleversé par l'arrivée de la pêche intensive: l'utilisation de la dynamite ou de chalutiers, qui raclent le fond des mers, font des ravages.

Pauvres, apatrides et avec un accès restreint au marché du travail, les jeunes Moken ont commencé à plonger dans la région pour des compagnies de pêche dans les années 1990. Et ils ont continué après leur sédentarisation forcée par l'ancienne junte sur ces îles.

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Thiha Tway, un pêcheur Moken, rentre à la maison dans le village de Nyaung Wee, avec sa prise, un poisson-globe, le 14 mai 2017

Leur capacité à descendre en apnée à des dizaines de mètres de profondeur est utilisée aujourd'hui pour la pêche à l'explosif ou pour dénicher des concombres de mer, destinés à être exportés vers la Chine voisine.

- 'Pas le choix pour vivre' -

"La pêche à la dynamite est courante", explique Jacques Ivanoff, ethnologue au Musée de l'Homme de Paris, qui a passé plusieurs années à étudier les Moken. "Certains, abandonnés, sans réel salaire, n'ont pas vraiment le choix aujourd'hui pour réussir à vivre", ajoute-t-il.

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Thiha Thway, un pêcheur moken remonte avec une prise, un poisson-globe, dans l'archipel des Mergui, le 14 mai 2017

C'est un travail risqué et illégal. Les pêcheurs se rendent au large des îles éloignées et désertées où ils ont moins de chance d'être aperçus. Là, les plongeurs cherchent le meilleur endroit où faire exploser la dynamite.

Certains se servent de tubes de plastique reliés à des compresseurs d'air mais beaucoup descendent sans équipement. Nombre d'entre eux sont aujourd'hui infirmes ou incapables de marcher, souffrant de la maladie des caissons, après des remontées ou descente en profondeur sans respect les plateaux de décompression.

Et certains ne sont jamais remontés.

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Vue aérienne de bâteaux de pêche moken dans l'archipel des Mergui le 8 mai 2017

Mais ils sont toujours nombreux à accepter de descendre, car un plongeur peut gagner en moyenne plus de 100 dollars en une nuit alors que le salaire journalier est d'environ 3 dollars sur les îles.

Pour faire face au stress, de plus en plus d'entre eux basculent dans la drogue.

- Population en déclin -

Win Myat n'était qu'un adolescent quand son oncle est mort d'une overdose. Il était accro aux cachets de méthamphétamine, appelés dans la région "yaba", la drogue qui rend fou. Ces cachets lui servaient à tenir pendant les longues nuits.

"Il dépensait tout son argent pour de la drogue", explique le jeune homme de 20 ans.

"A la fin, il était très faible et toujours très énervé quand il ne pouvait pas avoir ses pilules. Il a créé beaucoup de problèmes dans la famille. Puis il est mort", ajoute Win Myat, qui a demandé à ce que son nom soit modifié.

 

La suite ici http://www.courrierinternational.com/depeche/peche-la-dynamite-et-drogues-menacent-les-gitans-des-mers-de-birmanie.afp.com.20170703.doc.q738p.xml

 

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