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Première rentrée française pour Bong, jeune Thaïlandais

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Par Clémence Simon

 

Chaque année, l’association AFS Vivre sans frontière propose à des lycéens étrangers de venir passer une année scolaire en France. Parmi eux, Bong, Thaïlandais de 16 ans, hébergé par sa famille d’accueil à Colleret. Nous l’avons suivi pour sa première rentrée au lycée Notre-Dame de Grâce, ce lundi matin.

 

Devant les grilles du lycée Notre-Dame de Grâce, Jade et Valentine patientent avec Brianna et Bong. Bénévoles de l’association AFS, elles accompagnent les deux lycéens pour leur première rentrée française, ce lundi. Bong (Phontakorn de son vrai nom) vient de Thaïlande, Brianna du Costa Rica. Pendant une année scolaire, ils seront amenés à découvrir une nouvelle langue, une autre culture, un système scolaire particulier.

Bien sûr, il y a l’appréhension des premiers jours. «  Je serai dans une classe de filles  », indique Bong, un peu soucieux. «  Je suis très nerveuse  », ajoute Brianna. Jade et Valentine sont là pour les rassurer. Les deux jeunes femmes ont elles aussi tenté l’expérience avec AFS, en Malaisie et au Pérou. Elles sont présentes pour donner aux lycéens quelques repères. «  On les amène à l’école, on les accompagne chez le CPE, puis on ira chercher une carte SIM en fin de journée pour qu’ils puissent téléphoner.  » Jade est aussi la sœur d’accueil de Bong, hébergé chez ses hôtes à Colleret. «  Le but, c’est qu’il fasse partie de la famille.  »

Un autre regard

 

Nous suivons le jeune Thaïlandais à son premier cours d’anglais, en Terminale L. Après une rapide présentation du programme de l’année, s’annonce déjà un prochain test de lecture. «  Bienvenue parmi nous  », lance la professeure à Bong, souriante. Heureusement, Bong maîtrise bien l’anglais. «  En Thaïlande, nous avions plusieurs cours en anglais avec des professeurs étrangers  », explique-t-il d’ailleurs dans la langue de Shakespeare, même si les cours sont relativement différents. Son expérience de l’école aussi. «  Ici, les élèves ne viennent pas en uniforme. Il n’y a pas de rassemblement dans la cour, avant d’entrer en classe. Il y a beaucoup moins de règles inutiles !  », estime-t-il. Après cette année en France, il aimerait rester en Europe pour suivre des études de management, en Suisse.

Ses camarades aussi devraient apprendre beaucoup de cet échange. «  C’est une bonne expérience, il va pouvoir nous apprendre des choses, et on pourra lui parler en français  », pensent Lucie et Juliette. «  On a l’habitude d’avoir des lycéens étrangers  », indiquent Louise, Athénaïs et Nina. Cela fait en effet plusieurs années que l’institution Notre-Dame de Grâce, en lien avec AFS et le Rotary, accueille des jeunes venus d’autres pays. «  Pour les élèves, c’est une fenêtre ouverte sur le monde, et il y a un échange culturel très riche des deux côtés  », assure Céline Flament, directrice adjointe du lycée. L’établissement s’adapte d’un élève à l’autre, proposant souvent une évaluation simplifiée. «  L’objectif, c’est qu’ils trouvent un intérêt à leur séjour en France  », indique-t-elle. Passées les premières découvertes, verdict dans quelques mois pour notre lycéen thaïlandais.

«Nos enfants du bout du monde»

À la fin de la journée, ce lundi, Bong est retourné dans sa famille d’accueil, à Colleret. «  C’est le sixième lycéen étranger qu’on accueille  », explique Patrice, le père de famille. «  On avait trois enfants, maintenant on en a neuf. Ils sont devenus nos enfants du bout du monde  », sourit-il. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance. À l’origine, c’est Jade et sa mère Isabelle qui ont découvert par hasard une affiche de l’association AFS, proposant d’accueillir un jeune étranger. «  Au début, je ne voulais pas, avoue Patrice. J’avais peur d’accueillir des mineurs sous mon toit, sous ma responsabilité. Ça me semblait être une source d’ennuis potentielle.  » Après trois semaines, il a finalement accepté. Aujourd’hui, Jade, Patrice et Isabelle sont bénévoles pour l’association, et des liens forts se sont créés avec les jeunes. «  Deux d’entre eux sont revenus pour le mariage de ma sœur  », indique Jade.

« Papa et Maman »

À la maison, Bong est considéré comme un membre de la famille. «  Il participe aux tâches de la maison, on lui explique les règles. Globalement, il est libre de faire ce qu’il veut, du moment qu’il nous prévient  », explique Patrice. La barrière de la langue n’en est pas vraiment une. À la maison, tout le monde peut parler anglais, mais le but est bien sûr de s’exprimer en français. «  On laisse un gros dictionnaire sur la table  », raconte le père de famille. «  Naturellement, vers Noël, on commence à s’en passer. Après un an, ils comprennent tout.  » Cela ne fait qu’une journée qu’il est là, mais Bong commence déjà à appeler ses hôtes «  Maman et Papa  ».

 

http://www.lavoixdunord.fr/213219/article/2017-09-04/premiere-rentree-francaise-pour-bong-jeune-thailandais

 

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BANGKOK 26 juin 2022 02:50
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