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BANGKOK 17 October 2019 18:04
Le Modérateur

En Asie du Sud-Est aussi, l’EI subit un revers important

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Michel de Grandi

Aux Philippines, l’armée a tué l’éminence grise de l’Etat islamique en Asie du sud-est.

Engagée contre l'organisation Etat islamique à Marawi, (sud de l'archipel), depuis quatre mois, l' armée philippine a marqué, lundi, un point crucial : Isnilon Hapilon, le chef de l'EI en Asie du Sud-Est a été tué selon les forces armées philippines. Cet homme, commandant supérieur du groupe terroriste Abou Sayyaf, était considéré par beaucoup comme « l'émir » de l'EI en Asie du Sud-Est et le principal artisan de son projet d'y décréter un califat. Omar Maute, un autre djihadiste qui était le leader du groupe éponyme a lui aussi été tué. A eux deux, en mai, ces hommes avaient joint leurs forces se revendiquant de l'EI et avaient semé le chaos dans Marawi, la plus grande localité musulmane des Philippines.

Etat faible

L'élimination de ces deux chefs islamistes constitue donc un important revers pour l'EI. Cela ne signifie pas pour autant, loin de là, la fin de la présence de l'EI dans le sud des Philippines et en Asie du Sud-Est. « L'Etat islamique progresse dans les zones où l'Etat est généralement faible et où se trouvent des minorités musulmanes dont les droits ne sont pas reconnus » estime Rémy Madinier, chercheur du CNRS (Centre Asie du sud-est). Les Philippines, la Birmanie avec les  Rohingyas voire la Thaïlande constituent des cibles potentielles. En revanche en Indonésie où, depuis 2004, une reprise en main a été opérée, « il existe très peu d'espace pour ce type de rébellion », poursuit le chercheur.

Retour de Syrie des militants

De nombreux militants en Asie du Sud-Est, une région de plus de 600 millions d'habitants, ont eux aussi prêté allégeance à l'EI. La promesse pour eux, en accédant à une telle plate-forme, de voir leur combat porté sur la place publique et reconnu. Seulement, face aux revers subis par l'EI en Syrie, l'Asie du Sud-Est est maintenant confrontée à une autre menace : celle, grandissante, de combattants expérimentés retournant dans leur pays alors que l'étau se resserre sur leur organisation au Proche-Orient. Dans le collimateur des autorités en Asie du Sud-Est figure Khatibah Nusantara, une unité de djihadistes du Sud-Est asiatique jusque-là basée en Syrie : « Je crois que l'attention va se concentrer à nouveau sur le retour de combattants de Syrie et d'Irak », estime Sidney Jones, qui dirige le groupe de réflexion Institute for Policy Analysis of Conflict à Jakarta, citée par l'AFP.

Michel De Grandi
 
 
 

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