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Une mémoire ambiguë en Chine : le "Massacre de Tianjin" en 1870

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Le 21 juin 1870, une cinquantaine de personnes, principalement composées de catholiques chinois et de Français, sont violemment assassinées à Tianjin. Ce « Massacre de Tianjin » suscite un profond émoi au sein de la communauté internationale installée en Chine. Mais du fait d’une coïncidence de calendrier, l’incident est rapidement éclipsé par la guerre franco-prussienne qui débute en juillet. Côté chinois, la difficulté à aborder encore aujourd’hui cet événement tragique révèle certains traumatismes et ambiguïtés persistants dans la mémoire et le traitement historiographique des impérialismes étrangers aux XIXème-XXème siècles.
 
 
Connue sous l’appellation de « Massacre de Tianjin » ou de celle plus sobre en chinois « d’affaire religieuse de Tianjin » (天津教案, Tianjin jiao’an), cette série de meurtres semble a priori s’inscrire dans la longue liste des persécutions dont ont été victimes les missionnaires sur le continent asiatique. Pourtant, cet événement cache des enjeux bien plus complexes qui n’ont sans doute pas encore été suffisamment analysés. À l’occasion de ma récente participation à un documentaire sur l’histoire de Tianjin*, j’ai constaté que l’évocation de cet épisode vieux de près de 150 ans demeure encore assez « tabou » en Chine.

Un contexte de tensions exacerbées

Les incidents du 21 juin 1870 s’inscrivent dans un climat tendu vis-à-vis des missionnaires étrangers en Chine. Entre 1868 et 1870, les mouvements anti-missionnaires se multiplient dans tout le pays. Les missionnaires cristallisent contre eux un double ressentiment dû tant aux incompréhensions se rattachant à leur religion qu’à leur statut d’étrangers.
 
 

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BANGKOK 13 août 2020 01:56
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